Le royaume de Cerith
Bonjour à toi !

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 Kelek Versdeloup [Esclave] Ad Vidam Eternam

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MessageSujet: Kelek Versdeloup [Esclave] Ad Vidam Eternam    Lun 23 Nov - 2:47

Kelek Versdeloup
PRÉNOM • Kelek
NOM • Versdeloup
SEXE • Mâle
ORIENTATION SEXUELLE • tendance homosexuelle
ÂGE • 28 ans
RACE • Loup
____________________________

GROUPE • Esclave
MAGIE • RAS

COMMENT AVEZ-VOUS TROUVÉ LE FORUM • Partenaire
CODE DU RÈGLEMENT •
L'équipement de votre personnage.


Pour l'instant, il n'a qu'un pagne en cuir et un collier. (C'est pas un furry des cavernes pour autant, greu.)

Physique de votre personnage


Kelek est grand. Sans doute est-ce une particularité des canidés lupoïdes. Il avoisine les 2m10, c’est sûr, il en impose rien que par sa taille. Il a un poil épais, dru, de couleur blanc à gris anthracite. Ses yeux sont d’un bleu allant du pâle à l’électrique, rendant son regard froid et parfois pénétrant.On peut parler de colosse, une chose qui semble inébranlable qu’il vente ou qu’il neige. Kelek a cet aplomb physiquement mais aussi dans le regard, dans ce qu’il va dégager, une espèce de détermination et de fierté sous-jacente. Sa démarche est plutôt chaloupée, presque lente si on ne prend pas en compte ses foulées. Visuellement, il ne donne pas forcément envie de l’approcher puisqu’il prend rapidement un air renfrogné, retroussant les babines.  Il semble aussi aimable qu’une porte de prison et en général, son physique dissuade la plupart des gens à l’approcher. Il ne porte en général pas grand-chose sur le poil pour le moment, simplement vêtu, sans doute lié à sa vie menée jusqu’alors. Les cicatrices, nombreuses sur ses bras et celle sur son museau trahissent sans doute un caractère plus revêche qu’il n’y parait, personne ne le sait encore.

Vu en pied :
Spoiler:
 

Psychologie de votre personnage


Ce n’est pas un bavard, loin de là. Il préfère parler avec son corps, en grognant ou en haussant les épaules, en regardant ailleurs. Il n’aime pas parler, c’est pas son truc. Au premier abord, on pourrait penser de lui que ce n’est rien qu’une grosse brute un peu bête. Dans un sens, ce n’est pas totalement faux, dans l’autre, Kelek est beaucoup plus délicat et attentionné qu’il ne le laisse paraître. Conscient de sa stature et de sa force, il fait quand même attention si on l’observe un peu, il dit merci, bonjour, s’il-vous-plait et au revoir. D’un ton un peu bourru certes, mais il le fait. Au final, on se rendra vite compte qu’il râle et ronchonne beaucoup mais que ça s’arrête là également.
En clair, Kelek a un espace vital qui peut être relativement petit puisqu’en général, il se fiche un peu de ce qui l’entoure. Il observe sans plus se prononcer sur ce qui se passe autour de lui. En revanche, dès qu’on perturbe un peu son espace vital, il va grogner, ronchonner, écarter gentiment pour continuer sa route ou carrément passer à l’offensive (selon le degré de la perturbation en question).
Kelek a parfaitement conscience de sa condition d’esclave et agit un peu comme quelqu’un de résigné à son sort. Il obéit, sans poser de question. S’il doit menacer, il menacera, s’il doit frapper, il frappera. Et s’il doit tuer, il le fera également. Avec ceci, certain qu’on pourrait le prendre pour une bête montagne de muscles sans cervelle, qui obéit comme un brave toutou. Lui qui ne parle que très peu, avare de paroles, c’est un loup qui avance comme ceux qui ont étés maudits.
Dans sa caboche, ça cogite. Au fond, il est assez gentil, juste que c’est simplement qu’il ne sait pas y faire, ne sait pas s’y prendre et ne veut pas, tout simplement, s’attacher. Il sera quelqu’un de froid, capable de s’amputer au sens figuré du terme.
Si un jour il se sent assez en confiance, on peut y découvrir quelqu’un de réfléchi et de cultivé, qui a des principes. Mentalement, c’est à la fois un roc et un barrage fissuré. La gentillesse lui est douloureuse et la douleur le fait se sentir vivant. Si on s’attarde, on pourra donc déceler au fond de son regard, l’expression de ceux qui ont vu et vécu des choses terribles, voilé par une profonde détresse. Reste demeurre cependant, une détermination dérangeante et intense dans ce regard qui se plante chez les autres.


[La Souris Blanche]
18 ans plus tôt


C’était un matin doux, comme les autres, où le silence de la forêt hivernal se glisse partout. Loin de tout, isolée entre les sapins, tout au nord de la forêt de Foxfield, une rudimentaire maison de bois est plantée là. On ne distingue au loin, qu’un mince filet de fumée émanant de l’unique cheminée de celle-ci. Devant la maison, non loin de la porte, un petit loup s’agite, bien couvert d’un épais manteau en cuir et rembourré de fourrure, orné d’une capuche tout aussi épaisse que le reste. Engoncé dans son vêtement, il achève son bonhomme de neige en courant jusqu’à la porte qu’il ouvre en grand. Un instant plus tard, il sort avec une assiette dans les mains suivit d’une grande silhouette filiforme. C’est une souris blanche, menue et souriante, qui regarde le petit adopté de 10 ans poser une assiette sur les branches qui ornent la tête de son bonhomme de neige.

« Regarde Nak’ta, c’est ma super offrande pour les Dieux ! » Fit le petit qui s’empressa de prendre la femelle par la main pour l’emmener face à son œuvre.

« C’est un très beau cadeau, Kelek. »

« Oui regarde. J’ai mis les cornes et l’assiette pour Sonni, ici le laurier pour Lev et là, là j’ai mis les cailloux sur le cœur en forme de triangle pour Hai. Et là, les yeux et la bouche, bin c’est entouré de blanc alors on peut dire que c’est pour Loïka. »

La souris eut un tendre sourire et s’accroupit pour entourer le louveteau par la taille.

« Et pour Kokta ? »
« Bin… J’ai pas trouvé mais… Mais c’est blanc partout, avec la neige… Et on peut dire que c’est pour elle aussi, la neige ? »

Il regarda Nak’ta avec un peu d’appréhension mais cette dernière ne lui répondit que par un sourire bienveillant.

« Je suis sûre que les Dieux adoreront ton bonhomme de neige mon cher enfant. Et comme la vie, quand le moment sera venu, la neige fondera et ton bonhomme de neige disparaîtra, suivant la volonté de Loïka.»

Kelek regarda cette souris qui lui paraissait si grande, si forte… Il buvait ses paroles si sages, pleines d’histoires. Mais l’idée que rien ne dure lui faisait un peu peur, le rendait triste, alors il baissa un peu la tête, les mains dans le dos.

« Moi j’aimerai bien qu’il reste là tout le temps, mon super bonhomme de neige, j’ai mis vachement longtemps à le faire ! »

Nak’ta se redressa en riant doucement, ébouriffant la tête de Kelek.

« C’est ainsi qu’est fait la vie Kelek. Tout comme tu as l’hiver et la neige, tu as le printemps avec ses fleurs et ses couleurs, l’été avec ses abeilles et ses fleuves, l’automne avec les feuilles. Rien n’est plus beau que ces changements. Pourrais-tu vivres sans les saisons ? »

A nouveau, l’adoptante sourit avec bienveillance et malice.

« Si tout a une fin, c’est simplement pour t’inciter à profiter de chaque moment, de chaque bonheur…  et aussi… » Fit-elle en faisant une courte pause avant de reprendre : « Et aussi à t’aider à surmonter les épreuves qui ont une fin aussi. Tout comme toi tu as perdu tes parents, tu as eu besoin de temps pour être heureux à nouveau. »
Les yeux bleus du loup ne l’avaient pas lâché une seule seconde, suspendu encore à ses lèvres, ces grands yeux la fixaient avec une profonde reconnaissance mais aussi un profond amour. Il l’admirait.

« Viens, rentrons avant que tu ne prennes froid. »

Nak’ta se chargeait de lui enseigner ce qu’elle savait et ne lésinait pas sur les contes divers et variés. Aux yeux de Kelek, cette souris, cette mère de substitution avait une connaissance infinie du monde. A chaque interrogation qu’il rencontrait, elle lui apportait savoir et solution. C’était à la fois un guide, un professeur, un parent et une amie. Même s’il n’était pas un enfant très bavard, elle avait appris à lire en lui comme dans un livre ouvert, à déceler ses doutes et ses peurs. Bien évidemment, cette vie isolée n’était pas sans raison. La souris aussi avait un passé et elle prenait grand soin de le taire pour offrir à Kelek une enfance et une vie ordinaire. Elle qui avait vécu La Chute, elle qui avait pendant un temps vu la déchéance des peuples de Oaksig et de Tamaros. Elle ne pouvait maintenant que chérir cet enfant qui n’avait rien connu de tout ça, aider une nouvelle vie pour racheter la sienne et surtout éviter un destin trop cruel à un enfant.

Kelek ne devait rien savoir de son passé qu’elle avait mis derrière elle. Nak’ta ne voulait baigner que dans les rires de l’enfant qu’elle avait adoptée.



[La Force de Loïka]
8 ans avant aujourd'hui

Des pas précipités résonnent dans la forêt. A travers le bruissement des feuillages, une grande silhouette s’élance à perdre haleine, faisant claquer les feuilles, les branches sur sa fourrure. Son regard n’est dominé que par une peur grandissante, effroyable, tandis que l’odeur de fumée s’intensifie. Il n’a ni besoin de faire attention où il pose ses pattes épaisses, ni besoin de s’inquiéter de ses poumons embrasés, de ses jambes qui prennent feu. Ce n’est que cette peur terrifiante qui le domine et le fait courir si vite, comme si sa vie en dépendait.

Enfin il arrive à la petite butte qui domine la maison mais ce n’est plus qu’un spectacle désolé qui s’offre à lui. Il n’en reste que cendre et quelques filets de fumées qui s’en échappent. Son cœur cesse de battre l’espace d’une seconde. Le souffle coupé, horrifié, il s’avance lentement, comme assommé. Il titube ainsi jusqu’à la maison qui l’a vu grandir, jusqu’à la dépouille calcinée à ses pieds. Les jambes ne le tenant plus, il tombe à genoux, la mâchoire tremblante. Tandis que les larmes affluent, il va glisser ses mains sous le corps menu et méconnaissable de Nak’ta. Une partie du corps se désagrège alors, empêchant le loup de la serrer contre lui. Les lèvres entrouvertes, tremblantes, prémices du cri d’horreur qui l’étrangle, les larmes affluent sur ses joues, son museau, tombant sur le corps qu’il ne peut saisir.

« Nak’ta… »

Sa respiration se fait plus profonde, plus difficile, douloureuse tandis qu’un sanglot le secoue brutalement. Il ne comprend pas pourquoi, ne comprends pas pourquoi tout s’arrête comme ça, du jour au lendemain. Déchiré par la simple idée que la souris blanche ne sera plus jamais là, il hurle à s’en déchirer la gorge. Plusieurs fois son cri transperce la forêt, plusieurs fois il manque d’air, obligé de prendre des inspirations saccadées pour se remettre à hurler le prénom de sa mère. Comme si elle se recueillait, la forêt n’est que silence et petit à petit, il ne reste plus que les sanglots du loup qui reste plusieurs heures ainsi, à tenter de se calmer, de raisonner son cœur qui n’est que folie. Il n’avait droit à rien de plus que de la poussière pour seul adieu.

Longtemps après, quand la journée touche à sa fin, que le soleil disparait à vue d’œil à l’horizon, Kelek creuse. De ses mains, il veut faire une tombe, s’occuper, ne pas rester inactif. Encore sonné, hagard, le cerveau du loup tourne en boucle, cherche une réponse, une raison logique à cette tragédie. Nak’ta n’aurait jamais oublié d’éteindre un feu, ou de faire attention. Quelqu’un avait fait ça… Mais qui et pourquoi ?

Après de longues heures à creuser et à amener les cendres et les os qui restent de la dépouille jusqu’à la fosse, à reboucher avec la terre… Kelek rassemble quelques cailloux afin de former un premier rond foncé entouré de cailloux plus clairs. Il reste encore un moment devant, accroupi, le visage fermé, abattu.
Puis enfin, il se lève, jette un dernier regard à ce qui reste de la maison. Le temps semble s'être arrêté, l'espace de ce recueillement silencieux, comme si le loup voulait garder en mémoire chaque détails. Puis, après une longue hésitation, ses yeux se détachent de la scène et c'est pied après l'autre qu'il s’en va.

Il n’a plus rien à faire ici, plus d’avenir, plus d’attache. Il ne veut voir personne, encore moins parler. Aller à Foxfield lui prendra un jour ou deux de marches. Sans vraiment pouvoir se l’expliquer, il sait que là-bas il obtiendra des réponses à ses interrogations.



[Inertie]
Il y a quelques semaines avant aujourd’hui


Le goêlier relève des yeux mornes sur son collègue.

« On t’ammène de la nouvelle friture, Quintus, ça va t’faire plaisir. » Ricane le lion en face de lui, un milicien.

Les yeux blasés du lapin se posent sur le criminel. Un grand loup gris aux yeux d’un bleu électrique. Quintus se fout pas mal de ce que ce guignol avait bien pu faire.

« Tu parles d’une friture. » Grogne-t-il dans sa barbe, tout en se levant lentement.  « Z’avez d’la chance les gars, les temps ont pas l’air trop dur pour vous. »

Il attrapa son jeu de clef et leur fit signe de le suivre.  

« Tu plaisantes ? On a d’quoi faire avec ces moins-que-rien de Foxfield. »

« Hey, y a ma Tante qui vit là-bas » proteste  l’autre milicien, un guépard qui ronchonna clairement.

« Ouais ba ça expliquerait beaucoup d’choses à ton sujet, raille Quintus. T’nez r’gardez, j’ai même une cellule rien qu’pour c’zigoto. »

Le cliquetis des clefs raisonne dans le long couloir sombre suivit du grincement de la porte en fer. Quintus s’écarte alors pour laisser les miliciens détacher le criminel et le mettre dans la cellule que le lapin referme ensuite. Au moins celui-là se laisse bien faire et vu le morceau, ça vaut mieux. Même s’il n’a aucun doute envers ses collègues entraînés à maîtriser ce genre d’individus, Quintus préfère largement quand ça se passe comme ça. Une fois la porte fermée à double tour, les trois repartent au bureau du geôlier qui s’installe à son bureau avec les deux miliciens en face. Maintenant, c’est juste un peu de paperasse, histoire de dire qui rentre et sort.

Kelek se retrouve seul quelques instants après. Les autres prisonniers semblent plutôt tranquilles, certains discutent à voix basse dans leur coin, de sorte que l’on entend qu’un murmure permanent entre ces murs de pierres. Le loup va se poser sur la literie de fortune, les coudes sur ses cuisses. Ses yeux bleus fixent le vide, perdu dans ses pensées. Un long moment s’écoule ainsi où le loup ne bouge pas, s’imprégnant des lieux.

Un bruit de porte lui fait tourner l'oreille, puis un oeil quand il entend du monde arriver. Deux nouveaux gardes escortes un colosse, à peu près aussi grand que le loup, à la louche. C'est d'abord un pelage flamboyant qui tape sa rétine. Avec une sorte de morosité, Kelek redresse un peu la tête pour voir le profil du canidé dont il ignore tout... La mine carrée, aux lignes rectilignes, tranchées. Coupée à l'épée, ce type semble deux fois plus épais que le loup qui croise un instant les yeux du détenu. C'est un vert clair et pourtant électrique qui se pose sur lui. Un vert qu'il n'a jamais vu et qu'il ne reverrait sans doute jamais.

Dans un coin de la pièce, un rectangle lumineux attire finalement son attention et lentement, Kelek releva le visage jusqu’à la minuscule ouverture. De là, il pouvait voir la lune, presque pleine.

Il la regarde sans sourire, avec cette tendresse douloureuse qu’ont ceux qui ont traversés des épreuves difficiles. Cela lui a pris des années mais il a obtenu la vengeance de celle qu’il aimait le plus. C’est un calme étrange qui le saisit maintenant, dans cette cellule. Il s’est rendu sans faire d’histoire, sans se débattre. Aucune plainte n’était sorti de sa bouche, rien qu’un regard profondément déterminé et surtout convaincu que son acte n’était que justice. N’importe qui aurait deviné à ce moment-là que rien ni personne n’aurait pu ébranler le loup.

Perdu dans cette lune blafarde, Kelek repense à Hai et aux histoires qu’il a entendu tout au long de sa vie. Personne n’a pu l’empêcher de faire ce qu’il voulait. En fait, dès l’instant où il avait rencontré Metherys, où il avait appris pour sa mère adoptive, sa détermination n’avait fait que se renforcer malgré les épreuves. Le renard l’avait prévenu. Kelek avait foncé tête la première, faisant fi des mises en garde.



[Games of shadows]
7 ans plus tôt.

Personnages apparaissant :

Metherys
Anya


Voilà un an qu’il traîne sa carcasse dans Foxfield. Un an à faire des petits boulots, à porter des caisses, à faire de la manutention au port. Il est sportif, un grand gaillard, qui ne se plaint pas, ne réclame pas plus d’argent qu’on lui propose. Un employé parfait, idéal. Celui qui ne pose pas de problème et qui malgré sa taille, ne se fait pas remarquer. Il a pu louer une petite chambre. Rien de fantastique mais au moins il a un endroit où dormir et où il peut être tranquille.

Vêtu d’un pantalon en toile trois quart et d’un débardeur, Kelek salut d’un signe de tête ses collègues, prenant le chemin du retour. Sa journée finie, il s’écroule sur son lit, harassé. A vingt et un ans, Kelek ne supporte pas de rester longtemps à rien faire. Ne pas bouger enclenche la mécanique de sa cervelle qui se met alors à tourner comme une turbine, à ressasser le passer.

Alors au bout d’une heure, le loup sort, quand la nuit est tombée et que les tavernes sont ouvertes. De son pas chaloupé, lourd, il arrive à l’une d’elle où il a l’habitude de se rendre et s’installe au bar pour y commander une boisson forte. L’alcool est devenu une confidente, une amie. Chaque jour, deux ou trois verres suffisent pour le rendre suffisamment groggy pour oublier et s’endormir comme une loque sur son lit.

Il n’y a guère plus de client que d’ordinaire, rien de plus, c’est le monde auquel il appartient, entouré par les siens. Malfrats, ex-détenus, fugitifs, des gros cons à la dérive. Des inadaptés de la vie. Rien que des paumés, des salauds, des cinglés fanatiques. Engoncé dans ses épaules, Kelek ne fait pas attention au reste, à ce qui l’entoure, c’est devenu son quotidien. Ses espoirs de trouver une réponse à la mort soudaine de Nak’ta avaient fondu comme neige au soleil. Loïka avait sans doute jugé bon d’écraser ça comme on le fait avec un insecte.

Machinalement, le jeune loup tient son verre, le fait tourner lentement, d’un mouvement régulier, mécanique, avant de se faire bousculer par un taureau. Un colosse, deux fois plus épais que Kelek ne l’est. Le verre se renverse de moitié sur le bar et l’autre sur la main du loup qui retrousse immédiatement les babines sur ses crocs. Il se lève, les oreilles droite, se touchant presque à la pointe, faisant face à l’armoire à glace qui se tient face à lui.

Le taureau le toise, arque un sourcil, le regardant comme on regarde une déjection dans laquelle on vient de marcher. Il ne s’écoule qu’une seconde à peine avant que le marin n’écrase sa tête contre celle de Kelek qui bascule contre dos contre le bar. La douleur ne se fait pas attendre. Complètement sonné, Kelek secoue la tête, se forçant à ouvrir les yeux alors que le taureau éclate de rire.

« Non mais regardez moi ce morveux ! Il s’emballe parce que j’l’ai un peu bousculé ! »

Ceux qui sans doute, accompagnent le marin deviennent hilares et en rajoute une couche tandis que Kelek de son côté, essaye de reprendre ses esprits. Dans son élan, il a sentit qu’il bousculait quelque chose mais pour l’heure, la colère grimpe dans ses veines à une vitesse fulgurante. Il n’a pas envie de parler, pas envie de s’expliquer. Il est juste en colère. Son poil se hérisse à mesure de que le grondement sourd de sa gorge devienne audible par le colosse qui lui tourne le dos. Les pupilles dilatées, les babines retroussées sur ses crocs luisant, il attrape l’autre à l’épaule pour le retourner face à lui et lui décrocher un poing qui va s’écraser sur la mâchoire.

Le taureau titube, un peu sonné à son tour, il secoue la tête, une fois et c’est à son tour de prendre de l’élan.

« Espèce de p’tit con, j’vais t’refaire la mâchoire » menace-t-il en faisant craquer son cou, s’avançant vers Kelek qui se campe sur ses deux pattes pour l’accueillir.

Il sait parfaitement que l’autre peut le réduire en miette mais il s’en fout, il ne veut pas réfléchir, juste cogner des os. C’est alors qu’une ombre, plus petite, se faufile entre les deux fauteurs de troubles.

« Hey ! Hey ! Mes amis allons ! Ce n’est pas franchement un endroit pour se battre ici. » Fait l’individu qui vient de poser sa main sur le torse du loup interloqué.

« Metherys, vieille fouine, de quoi tu t’mêles ? Pousses-toi d’là ! » Gronde le colosse. « Tu as vu c’qu’il a fait, ce p’tit morveux m’a frappé et j’compte pas le laisser s’en tirer comme ça. »

Kelek commence à grogner pour montrer qu’il prêt à y retourner et plutôt deux fois qu’une. L’inconnu se tourne vers lui. C’est un renard, et au regard qu’il lance au loup, ce dernier commence à se poser des questions sur son identité et surtout, sur ses intentions. L’échange ne dure que quelques secondes à peine et le renard reporte son intention sur le taureau qui le dépasse de plusieurs têtes.

« Galko, mon ami, on sait tous ici… » Commence le renard en écartant les bras pour montrer l’assemblée qui avait les yeux rivés sur la scène. « On sait tous que tu rétamerais ce blanc-bec en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Tu n’as plus à démontrer ta force. »

Le renard leva le menton avec un petit sourire aux lèvres.

« Ca se voit que ce p’tit loup n’a plus toute sa tête. C’est un simple d’esprit tu sais et ça ne serait pas franchement bon pour ta réputation qu’on sache que tu t’en prends à des infirmes. »

Kelek lui jette un regard plutôt courroucé, outré que ce type ose parler de lui comme ça. De son côté, le taureau a levé le menton lui aussi, jaugeant ce que Metherys lui racontait.

« C’est encore une de tes fourberies de fouine. »

« Je suis un renard… » réplique Metherys, apparamment un peu agacé par cette comparaison. « Mais laisses moi te montrer ma bonne fois : le p’tit va payer une tournée générale ! » lance-t-il en écartant à nouveau les bras sous les acclamations de l’assemblée et sous le visage déconfit de Kelek.

« Je n’ai pas… » commence tout bas le loup qui se fait attraper le museau par le renard.

« Fait ce que je te dit, p’tit imbécile heureux. J’suis en train de te sauver la peau alors boucle-là. » coupe-t-il aussitôt tout bas.

Puis il lâche brusquement le museau de Kelek qui le remue pour tout remettre en place avant de souffler brièvement pour montrer son mécontentement. Par la suite, obligé de sacrifié sa semaine de paye, Kelek dû payer l’ensemble des consommations et ce n’est qu’après plusieurs heures, une fois dehors, une fois seul avec le renard que Kelek se mit à le fusiller d’un regard noir. Le renard arque un sourcil, le détaillant des pieds à la tête.

« Quoi ? »
« J’ai plus un rond à cause de toi ! »
« HEeeeey. J’t’ai sauvé la peau. T’connais pas trop la reconnaissance hein ? Les gens polis disent juste merci en général. »
« J’vous ai rien d’mandé. » grogne Kelek dont le poil se hérisse sur le coup.
« Laisse tomber Meth’… J’t’avais dis qu’ça servait à rien. » Fait soudain une voix sortie de l’ombre de la ruelle à côté d’eux.
« Anyaaaaa ma belle, tu m’as manqué. » réplique le renard d’un ton mielleux avant de se prendre un poing dans le ventre par la femelle qui sortait de l’ombre. Kelek ne pouvait distinguer que ses yeux plissés, d’un orange intense.

« Pas touche. Hmmm… C’est vrai qu’il est pas mal n’empêche. » Fait la louve noire qui s’approche de Kelek. « C’est quoi ton nom ? »

De grands cils. Un parfum délicat, loin de la puanteur des marins du port. Un corps galbé, parfaitement dessiné, un visage sombre, aux traits élancés, féminin. Kelek redresse la tête, écarte légèrement le visage comme mal à l’aise de cette proximité. Une femelle… Pas sa mère. Une femelle. Kelek déglutit, la truffe agité par ce doux parfum qui lui plait beaucoup trop à son goût. C’était pas comme si c’était la première fois qu’il en voyait une. Mais c’était sans doute la première fois qu’il était si proche de l’une d’elle. Devant le mutisme du jeune loup pourtant, le sourire charmeur de la louve se transforma en moue un peu déçue.

« Il voit bien qu’t’es rien qu’une vipère, il veut pas t’répondre. » raille le renard qui se remet plus ou moins du coup porté plus tôt.

Un regard orangé le dissuade de continuer et le renard hoche la tête tout en la levant d’un même geste, sifflotant légèrement, les bras dans le dos et balançant sa patte pour shooter un caillou ou deux. La louve quant à elle, revient sur l’objet de son intérêt et elle s’approche encore de Kelek qui se raidit, clignant un peu des yeux, tétanisé. Elle se colle à lui, un sourire malicieux aux lèvres, les yeux envouteurs.

« T’es muet ? Il faut que je te force à parler c’est ça ? Pour que tu montres à quel point tu es… un loup viril ? » Susurre-t-elle tout en faisant glisser ses mains sur le torse de Kelek dont le cerveau est en ébullition.

Fifiiiiiiille.

Kelek lutte contre ses instincts et attrape alors les mains baladeuses. La tenant aux poignets, il les écartes sous le regard incrédule du renard et de la louve. Le jeune loup lui-même, se rendant compte du ridicule de la scène, alors que Metherys éclate de rire, lâche la beauté fatale qui a maintenant une mine carrément renfrognée. Elle claque de la langue et regarde le loup avec un certain dédain mais ça n’a sans doute rien à voir avec celui qu’elle jette au renard qui n’en peut plus, appuyé contre un mur, ce dernier reprend une grande inspiration, le regard hilare, avant de repartir dans un fou rire.

«  Tsch. J’t’avais dis qu’c’était pas lui ! Nak’ta aurait jamais engendré un abruti pareil. Oh et puis tu vas la fermer, oui ? Espèce de vieux renard défroqué ! » Fait la louve qui colla un autre coup de poing à son acolyte qui ne s’arrête pas bien longtemps dans son fou rire.
Kelek lui, a cessé d’être mal à l’aise. Le temps s’est figé pour lui, dès l’instant où le prénom de sa mère a été prononcé. Il regarde avec stupeur les deux autres, le regard redevenu vif.

« Attendez… Attendez ? Vous connaissez ma mère ? » Demande-t-il d’un souffle court. « J-Je m’appelle Kelek, je suis son fils… »

Le renard s’arrête aussitôt de rire et regarde le jeune loup avec de grands yeux avant de se prendre un autre coup de poing déjà engagé.

« Alors c’est toi, Kelek ? » soupire la louve, avec un brin de dédain. « Et bin on est pas sorti de l’auberge. »

« En fait, techniquement on est déjà sorti de… » commence  Metherys en levant un doigt, un début de sourire railleurs sur le museau.

« Ta gueule. » tranche la louve de mauvaise humeur.

Déçu de ne pas avoir pu finir sa boutade, le renard se relève en se massant les parties endoloris par la louve et remue sa mâchoire avant de reprendre une mine plus sérieuse.

« Viens avec nous petit. »

Le cœur battant à tout rompre, Kelek leur emboite le pas à travers les ruelles, sans savoir ce qui l’attend vraiment ni où tout ceci va le mener…



[Jaune et rouge]
8 mois plus tard.

Personnage apparaissant :

Arin



Au détour d’une ruelle, un brouhaha incessant et agité réveille Foxfield dès le petit matin. Le marché, noir de monde déjà, est en pleine effervescence. On pourrait croire juste en voyant la population ainsi, que c’est une ville comme une autre, paisible, avec ses marchands, ses clients qui prennent de quoi vivre, échange la monnaie, lance des sourires, regardent avec attentions les produits frais de la mer.

Ce sont des sourcils froncés qui s’avance là-dedans. Kelek avance difficilement dans la foule, vouté, malgré sa taille, il fait quand même attention à ne pas trop bousculer les autres. Il fait profil bas. Mais lui n’est pas franchement ravi de faire les courses pour le renard qui l’a pris chez lui. Voilà que du jour au lendemain, il fait office de femelle de ménage. Voilà pourquoi monsieur est ronchon ce matin, voilà pourquoi il a les sourcils froncés. Ses yeux bleus se perdent sur les étals colorés, le voilà à faire les courses. Un peu de poisson, d’épices, d’agréments… Il a une liste après tout, alors il la suit. Sa vie a été chamboulée, il ne sait plus à nouveau vers quel chemin se tourner. L’horizon est vaste.

Mais comme toute chose, il arrive parfois à l’eau d’être perturbée à sa surface par des ondes claires.

« Aow ! »

Un jeune mâle vient de se faire bousculer, se ramassant dans des fruits qu’il écrase largement, tâchant ses vêtements. Le marchands, prêt à monter dans les tours, se stoppe soudainement, une mine de dégoût sur le visage alors qu’il détail le visage du jeune homme qui tente de s’essuyer, mal à l’aise et honteux. Les oreilles couchées, il relève les yeux sur le marchand qui semble se gonfler de hargne. Kelek regarde ça d’un œil, sans plus s’émouvoir sur l’instant, pensant simplement que comme d’habitude, les marchands préfèrent s’en prendre à un innocent qu’au vrai responsable plus effrayant.

« J’espère que tu vas m’payer la marchandise mon garçon ! » Lance le marchant d’un air menaçant.

Le jeune mâle, un lion blanc, le regarde, décomposé.

« Je n’ai que quelques Cerithi… » se défend-t-il. « Je peux vous aider peut-être pour vendre vos produits, pour me racheter ? »

Sa voix est douce, à peine audible et le marchand se renfrogne dans son énorme moustache.

« Quoi ? Tu t’prends pour qui ? Avec ta tête en plus, tu vas faire fuir tous mes clients ! »

Les gens autour commencent à se retourner et à murmurer sur le physique du jeune lion qui semble de plus en plus vouloir disparaître sous terre. Kelek, sans vraiment réfléchir, s’avance jusqu’à l’étal. Sans jeter un œil au jeune lion, il tend sa bourse au marchand qui l’observe d’un œil suspicieux.

« Ca devrait suffire à réparer vos dommages. »

Méfiant mais cupide, le marchand ouvre la bourse pour y voir que le compte y était et même un peu plus.

« Tsch. Aller, files de là pouilleux ! J’veux plus t’revoir rôder dans l’coin sinon tu vas goûter à mon bâton ! » crache-t-il à l’intention du lion qui ne demande pas son reste et part sans même remercier le loup.

Ce n’est que quelques jours plus tard, qu’il recroise par hasard, cette silhouette blanche. Assit sur un banc, en train de jeter du grain à des oiseaux, le jeune lion a un regard mélancolique. Il intrigue le loup, par son attitude, par son aspect étrange. Ce lion rachitique n’est pas spécialement beau, voir même repoussant pour certain. Mais le loup s’approche doucement et s’assoit à côté de lui. Pour la première fois, il peut le détailler. Sa fourrure est blanche, il a de longues oreilles étroites cernées d’un noir profond à leur extrémité. Sur la tête, des cheveux d’un gris pâle, délavé. Sous ses yeux, deux traits de la même couleur. Et sous les vêtements, il peut y deviner une maigreur maladive. Mais le plus étrange, dérangeant, hypnotisant, sont ses yeux. Un œil est d’un jaune éclatant tandis que l’autre d’un rouge sanguinaire.

Il est bizarre, bizarre c’est vrai. Mais pourtant Kelek se sentait irrémédiablement attiré, intrigué.

Le lion blanc s’arrête de donner à manger aux oiseaux quand il voit du coin de l’œil quelqu’un s’approcher et instinctivement, ce dernier s’est tassé sur lui-même, comme s’il s’attend à ce qu’on le frappe et c’est un regard inquiet, plein d’appréhension, qui se pose sur Kelek. Se rendant compte que son comportement est sans doute plus bizarre encore que ce type, le loup se redressa un peu, sans trouver sa place, hésitant à se lever, ce qu’il s’apprête à faire quand la main blanche se pose sur son épaule.

« C’est vous qui m’avez aidé l’autre jour au marché, n’est-ce pas ? »

Toujours cette voix douce, mais peut-être un peu moins effrayée. Kelek hoche simplement la tête avant d’offrir un mince sourire à cet inconnu, sincère. Surprit, le lion cligne des yeux avant de se pincer légèrement les lèvres, baissant la tête sur ses mains.

« Merci… C’était généreux de votre part…  D’habitude, on me lance plutôt des cailloux.» Dit-il dans un doux sourire pourtant empreint de douleur.

Kelek ne dit rien, se contentant de regarder avec douceur ce mâle qui semble plus fragile qu’un nouveau-né. Et surtout, il a dans le regard quelque chose que Kelek connait… Celui de ceux qui ont souffert. N’entendant pas de réponse de la part du loup, le lion se risque à un regard jeté à la va vite, répétant l’action pour constater que l’autre le dévisage carrément. Clairement mal à l’aise, le lion se ramasse un peu plus sur lui-même et se décale même légèrement.

« P-Pourquoi vous me dévisagez comme ça ? Je sais que je fais peur… » Fit-il en tirant sur ses cheveux pour cacher son visage.

Comme un idiot, Kelek secoue la tête pour dire que non, il ne l'effraie pas, avant de constater que l’autre ne peut le voir faire. Alors il cherche une idée pour essayer de détendre l’atmosphère, pour prouver à ce lion qu'il ne le trouve pas repoussant. Il fait un sourire plein de crocs au lion, s’approchant un peu de lui, forçant l’autre à le regarder avec stupeur. Les yeux vairons font des allés retour entre les crocs et les yeux de Kelek.

« Qu’est-ce que vous faites ? »

Une grosse patte passe devant le visage de Kelek, il change d’expression, fait une mine triste, puis repasse sa main et fait un grand sourire avant de s’arrêter voyant que l’autre semble interdit. Soudain hésitant, il sait bien qu’il dois parler mais il est tellement nigaud qu’il préfère se taire pour le moment. Mais au moins, le jeune lion ne s’est ni enfui, ni renfermé davantage. Il le regarde droit dans les yeux et Kelek ne peut s’empêcher de sourire plus doucement.

« Vous êtes bizarre… » Fait finalement le lion avec un petit sourire timide.

Le sourire du loup s’agrandit davantage et cette fois le lion ne peut s’empêcher de rire un peu.

« Alors… vous n’avez pas peur de moi ? »

A nouveau, Kelek secoua doucement la tête et le lion, apparemment troublé, baisse les yeux sur ses mains mais cette fois sans être effrayé.

« J-Je m’appelle Arin… Et vous ? » Demande-t-il en relevant ses yeux sur le loup.

« Je m’appelle Kelek… Et… Je parle pas beaucoup. »

Le lion arque un sourcil à la précision avant de pouffer dans sa main tandis que le loup penche la tête sur le côté, sans percuter le fait qu'il vient de dire quelque chose d'évident.

C’est étrange, comme parfois les choses peuvent changer une journée. Kelek n’ayant pas ressenti cette envie d’aller vers quelqu’un depuis longtemps. Cela lui faisait un bien fou dans son existence tumultueuse. Ce croisé lion, à l’aspect peu attrayant, venait d'illuminer la journée.



[Le monstre du placard]
3 ans plus tard

Metherys
Anya
Faelan
Arin


Rien n’a changé dans la ville de Foxfield après toutes ces années passées ici. Kelek, habitué depuis longtemps à la vie en autarcie, c’est bien accommodé de cette vie plus animée. Au cœur de la saison froide, Kelek s’occupe avec des petits boulots et a appris à connaître, plus ou moins, Metherys et Anya. Du moins en partie. Les deux ne parlent pas beaucoup, peu de ce qu’ils font une fois sortis de la maison. C’est d’ailleurs ce qui pose problème au loup.

Mais pour l’instant, il rejoint Arin, au banc où se sont revus la première fois. Le loup reconnait parfaitement la silhouette filiforme du croisé lion et reptile qui est devenu un ami au fil du temps. Kelek sourit naturellement à ce dernier qui a gardé cette sorte de timidité avec lui. Comme régulièrement, la soirée se déroule sans encombre et les deux jeunes gens passent leur soirée à discuter, à parler d’eux, surtout de leurs envies. Ou plutôt, Kelek écoutes religieusement son ami parler. Mais jamais ils n’abordent leur passé.

Tard dans la nuit, ils rentrent chez eux. Par habitude, Kelek entre par la porte dérobée, silencieusement, surprenant une discussion entre Metherys, Anya et une troisième personne, une femelle, inconnue jusqu’alors. D’ordinaire, Kelek serait entré sans autre forme de procès mais en l’occurrence, le ton grave qu’a le renard le dissuade de le faire…

« Tu es sûre de toi, Faelan ? »

« Affirmatif… Magyar est arrivé la nuit dernière au sud de Foxfield. »

« Ca veut dire qu’il va reprendre du service dans le coin… Quel salopard ! » Gronde Anya qui croise les bras, les sourcils froncés.

« Il va falloir qu’on reprenne du service et surtout comme d’habitude, pas un mot à Kelek. » Fait Metherys qui s’appuie sur la table de son bras, regardant ses deux acolytes.

« Kelek, le garçon qu’avait adopté Nak’ta ? Il vit avec vous ? » Demande la troisième voix.

C’était une furry puma, borgne, son œil valide était d’un bleu pâle, contrastant avec la noirceur de ses cheveux.

« Oui, j’ai pensé que c’était mieux. On peut garder un œil sur lui et j’ai bien fait. Si Magyar apprend son existence, il voudra très certainement l’éliminer. Ca pourrait nous servir du moment que le p’tit ne sait rien. »

« Quoi, tu veux t’en servir comme appât ? »

Le renard reste muet à la question, le regard grave posé sur l’inconnue. L’inconnue jette un regard à Anya qui détourne le regard, le visage fermé, une expression sur le visage qui laisse indiquer qu’elle sait parfaitement que ce qu’ils font n’est pas tout à fait propre.

« Je ne veux rien dire à Kelek parce qu’il foncerait tête baissé là-dedans et ne nous écouterait pas une seconde. Il ne ferait que nous ralentir et nous empêcher de l’atteindre. Il faut qu’on récupère des preuves de ses activités qu’il aura ici. On a pas besoin qu’il soit dans nos pattes, du moins, pas en dehors de notre contrôle. »

« Si j’ai bien compris, tu veux faire glisser l’information que le fils de Nak’ta est à Foxfield par toi-même pour voir s’il agit en conséquence et pouvoir le coincer avant qu’il tombe sur le p’tit ? »

Le renard hoche la tête avant que la troisième ne soupire.

« Et tu préfères rien lui dire alors qu’il vit ici ? Bon sang Capitaine… Vous commencez à vous faire vieux. Et s’il rentrait là ? »

« Et bien quoi je n’ai pas le droit de recevoir des amies chez moi ? Et puis s’il apprend que Magyar est l’assassin de sa mère…  » Fait le renard sans terminer sa phrase.

« Je vois… Il irait sûrement de lui-même là-bas pour essayer de le tuer. »

« On en est pas certain » Réplique Anya qui croise les jambes, posant une main sur la table. « Mais ça fait partit des choses à prendre en compte. »

Persuadés que le jeune loup n’a rien entendu de tout ça, les trois acolytes continuèrent tranquillement leur soirée, sans se douter que Kelek a tout entendu. Ses pas sont rapides mais ne le mènent nulle part. Hagard, perdu, troublé, le loup ère dans les rues, livré à lui-même, devant remettre de l’ordre dans ses pensées chaotiques. Il ne sait pas vers qui se tourner, ne sait pas s’il doit encore faire confiance au renard et à la louve… Ses pensées se tournent vers Arin puis se mord la lèvre, dans la foulée. Il ne peut pas l’impliquer là-dedans, de quelques manières que ce soit, ne veut pas lui faire de mal, alors qu’il a déjà tellement souffert. Depuis le début, il voulait le protéger alors il retire cette idée de sa tête, retourne au reste, tente de calmer son cœur et son cerveau qui essaye déjà de trouver une solution pour approcher ce Magyar dont il ignore tout. Ce qui est certain, c’est qu’il ne dira rien à Metherys et fera comme s’il n’était au courant de rien.






[Point de non-retour]
4 mois plus tard, février

Personnages présents :
Metherys

Quelques mois ce sont écoulés depuis que Faelan est venu annoncé la nouvelle. Les choses avaient avancées lentement mais sûrement. Reprendre du boulot en plus d’information n’était pas vraiment évident mais il fallait bien faire avec. Le renard en tout cas, sait mener sa barque et pour le moment, Par réflexe, il va effleurer un meuble dans la pièce à vivre, l’autre dans le dos, il réfléchit à la prochaine étape. Bien entendu, il fait régulièrement ses rapports à son supérieur logé à Risua. Etre informateur, indic, ça paye bien quand on sait marchander. Et surtout quand on est connu comme le loup blanc auprès de ses employeurs.

Mais quelque chose le fait froncer les sourcils, serrer les dents. Le renard est mécontent, il sait de Faelan que Magyard a embauché de nouvelles recrues dont une en particulier qui va recevoir une soufflante magistrale dès qu’elle aura franchi cette porte. Le jeune loup passe la porte et c’est un regard qui attend des réponses, mécontent qui se pose sur lui. Kelek referme la porte derrière lui et arque un sourcil interrogateur en direction du renard.

« Je peux savoir à quel jeu tu joues, Kelek ? » Demanda le renard sans préavis.

Aucune réponse, juste un sourcil qui s’arque davantage et fait mine de ne pas comprendre.

« De quoi tu parles ? »

« Anya m’a tout dit. Je sais que tu t’es engagé chez les hommes de Magyard. »

« Ca ne te regarde pas. » trancha Kelek d’un ton froid, le regard avec.

Le renard serre les crocs, sans doute la première fois que le loup le voit si proche de l’implosion.

« Oh si ça me regarde. » siffle Metherys qui plissa ses yeux orangés, braquant sur le loup son index.

« Tu n’es pas mon père. Et je suis assez grand pour prendre mes décisions. »

« Non mais tu as perdu l’esprit ou quoi ? » Tonne finalement le renard qui écarte ses doigts. « Tu ne te rends pas compte, ces mecs là c’est pas des rigolos. »

« Je sais. Mais j’ai mes raisons et vous les connaissez très bien. N’est-ce pas ? » Fit Kelek  d’un ton à demi accusateur.

Metherys recule son visage, comme on prend une claque, comme on vient de faire le lien entre deux choses improbables.

« Je suis au courant pour Magyard et ma mère. J’ai tout entendu quand t’en a discuté avec Anya et votre amie. » Lance Kelek sans trembler, levant un coup le menton sur le côté pour désigner Faelan.

Au moins comme ça, plus la peine de tourner autour du pot et le renard, l’herbe coupé sous les pieds, reste interdit le temps d’imprimer ce qu’il vient d’entendre. La bouche entrouverte par la stupeur encore présente, il finit par pincer les lèvres.

« Et je te remercie beaucoup de me considérer comme un boulet. »

« Tu ne sais pas dans quoi tu t’engages, petit. Ces mecs là ce sont pas juste des voleurs. Tu n’as même pas de plan ! »

« J’en ai pas besoin de plan ! Tout ce que je veux c’est me rapprocher de cette ordure pour lui faire la peau ! » gronde le loup.

Le renard, attrape Kelek par le col, sans douceur, avant de le plaquer au sol.

« Tu vas rester ici. Que ça te plaise ou non. Nous aussi on veut le choper mais si t’es dedans, tu risques de tout faire capoter ! Moi aussi je veux venger Nak’ta ! »

La main lâcha brusquement sa prise et le renard se redresse tandis que le plus jeune, à terre, retrousse à demi les babines, amer.

« Vous l’avez abandonnée ma mère. Toi et les autres… Vous l’avez abandonnée et elle est morte parce que vous n’avez rien fait ! » Tonne maintenant Kelek.  

« On ne l’a pas abandonnée ! »

Le renard semble soudainement bouleversé, il s’arrête, serre les dents, regarde ailleurs un instant avant de reposer ses yeux sur Kelek, la tête haute malgré la douleur qui peint son regard.

« Elle avait arrêté de travailler pour la milice. Je te l’ai expliqué… Elle était une taupe, une infiltrée. Pour la sortir de ce milieu, il a fallu faire croire à sa mort, voilà pourquoi elle s’était retirée au fond de cette forêt pour t’élever. Seulement Magyard l’a découvert et il l’a tuée. Elle ne t’as rien dit pour te sauver, elle s’est sacrifiée pour toi. C’est d’ailleurs seulement grâce à ça que t’es encore en vie aujourd’hui. Et toi tu fous tout en l’air… »

Kelek ne répond rien, se redressant lentement.

« Je ne sortirais pas de la bande… Quoique tu dises… Metherys, j’irais jusqu’au bout. »

« Tu t’en sortira pas indemne, petit… Tu as encore une chance pour avoir une vie comme l’aurait souhaité Nak’ta. T’es prêt à réduire à néant tout ce qu’elle a fait pour toi ? »

Kelek soutient le regard du renard mais malgré lui, baissa les yeux. Son corps semble se détendre, comme résigné, puis, relève les yeux dans ceux de l’autre.

« Je veux la venger. »

Le renard se passe une main sur le visage, commençant à faire les cent pas. Tout ça va mal finir, se dit-il intérieurement. Très mal…

Suite à cette nuit, Kelek est repartit, bien décidé à aller jusqu’au bout. La vie est faite de choix.



[Vivre et mourir en ce jour]
1 an plus tard


Personnages présents :
Metherys
Anya
Faelan
Arin


Ce n’est contre rien ni personne, pauvre furry. Tu as simplement emprunté à la mauvaise personne. Le raton-laveur court aussi vite qu’il le peut, gagnant l’orée de la forêt. Un endroit dangereux, suffisamment sans doute pour arrêter ses poursuivants. Effrayé, la peur qui lui retourne les entrailles, il se fait finalement attraper par la troupe. Il se fait traîner par une jambe alors qu’il hurle, qu’il implore leur pitié. Mais les hommes de main de Magyard ne sont pas réputés pour leur miséricorde et le pauvre malheureux est rossé de coups pendant de longues minutes. Maintenant il faut l’achever. Un grand loup s’avance, pendant que les autres s’écartent un peu, il a un mot d’ordre : ramener la tête du raton qui s’est cru plus malin que leur chef.

Kelek s’avance près du furry en sang, les jambes brisées dans un angle anormal, se traînant par terre, s’accrochant à l’herbe, dans un vain espoir de sauver sa vie. Sans hésitation dans son geste, la main s’abat sur les cheveux du raton-laveur qu’il empoigne brutalement. Kelek plisse les yeux, sortant son couteau de son pantalon. L’éclat de la lame scintille un bref instant dans la nuit faiblement éclairée par le croissant de lune avant que ce dernier ne disparaisse dans la gorge. Un silence, lourd, simplement brisé par le gargouillis sanglant de la trachée ouverte. Les yeux exorbités, le malheureux cherche son air par réflexe, balbutiant, toussant mollement des crachats de sang.

C’est un boulot comme un autre… Un tueur… La moitié des trucs qu’il a fait depuis qu’il est avec Magyard, il sait sans savoir pourquoi il les fait. Entouré par les siens. Fugitifs, malfrats, des gros cons à la dérive. Des inadaptés de la vie. J’ai cessé de faire le bien en ce monde.

Kelek le sait. Il n’est plus innocent, ses mains sont tâchées de sang maintenant… Et alors qu’il pense ça, le bruit d’une branche cassée lui fait relever la tête et apercevoir une forme blanche. Il se lève brusquement, pensant un instant que c’est Nak’ta venue pour lui reprocher sa mort. Sa raison le ramène sur terre, il s’avance, il reconnait cette silhouette frêle, la reconnaîtrait entre mille…

C’est Arin.

Arin qui se tient à un arbre, à moitié caché par ce dernier, une main sur la bouche comme pour étouffé un cri d’effroi silencieux. Inquiet, Kelek jette un regard en arrière pour vérifier qu’il est bien seul et une fois fait, quitte le cadavre pour s’approcher furtivement du lion, un doigt sur ses lèvres pour qu’il se taise. Arrivé près de lui, Arin relève ses yeux vairons sur le loup, apeuré, effrayé… Par ce qu’il voit ou par Kelek lui-même ? Cette pensée est douloureuse mais mérité et le loup couche un peu les oreilles.

« Arin, qu’est-ce que tu fais là ? »

Arin baisse les yeux, la mâchoire tremblante, apparemment encore sous le choc, il s’écarte d’un pas de Kelek, les oreilles rabattues. Sans réfléchir, sans doute pas égoïsme, le loup attrape son ami par le poignet, toujours aussi frêle.

« Tu dois rentrer chez toi… C’est trop dangereux. »

« Kelek… Kelek il faut pas que tu continues… » souffle le lion d’une voix étranglée. « Je t’en pries Kelek… Je suis ton ami, je veux t’aider. »

Mais il a envie de partir en courant, la queue entre les jambes. Arin est ainsi, le loup le sait. Arin n’est pas courageux, il essaye cependant de l’être dans la mesure de ses possibilités. Le lion étouffe un sanglot, ferme fortement les yeux comme pour s’aider à se contrôler avant de prendre une profonde inspiration discrète. Kelek le regarde avec un grave mais doux, posant sa patte sur la joue de son ami qui ne peut retenir un flot de larmes couler de nouveau, silencieusement.

« Tu vas te faire tuer… » Finit-il par lâcher en relevant ses yeux étranges.

« Arin… Je dois aller jusqu’au bout mais toi il ne faut plus que tu me suives comme maintenant. C’est trop dangereux… Et je ne veux pas qu’il t’arrive malheur. Je ne vais pas mourir, je te le promet. Je ne mourrai pas. »

Cette fois-ci, le lion croisé reptile ne répond pas et se contente de regarder son ami avec douleur. Ce genre de promesse n’a aucun sens, le lion le sait parfaitement et pourtant, il prend le pari de croire en son ami. Alors il hoche docilement la tête, abattu et se fait surprendre. La main sur sa joue l’a forcé à relever les yeux qui s’agrandissent et s’étonnent. Ce n’est qu’une chaleur brève, horriblement douce qui l’a saisie, là, juste au coin des lèvres. Arin regarde Kelek s’écarter lentement après ce bref contact, sans vraiment comprendre.

« Tu ne dois plus venir me voir Arin… Rentre chez toi maintenant. »

Ce sont les derniers mots que le jeune lion entendit des lèvres de son ami, jusqu’à cette nuit-là… Deux ans plus tard.



Peu de choses ont changées à Foxfield, d’apparence, elle reste cette même ville animée, portuaire, avec ses bars et son va-et-vient de navires. Les deux miliciens qui arrivèrent quelques jours avant, traînent aux alentours de la ville. La nuit tombe et grâce aux informateurs, ils savent maintenant où se rendre pour capturer Magyar. Discrètement, ils se faufilent à travers la forêt qui débute, tels des ombres, il arrive au repère du bandit au bout de quelques temps de marches, plus au sud de la ville, non loin de la côte. Toujours aussi discrètement, ils s’approchent jusqu’à n’être qu’à quelques mètres de la maison silencieuse avant de sursauter. Le fracas d’une vitre brisée retentit, suivit de grognements furieux. Les deux miliciens s’échangent un regards rapides avant de rompre leur couverture et de se précipiter.

Kelek a bondit sur Magyar, lui-même couvert de plaies, de blessures, son visage n’est que haine, il veut s’acharner sur ce furry félin qui a réduit sa vie en lambeaux. Mais il reste encore un mince filet de vie dans ce corps et le loup veut s’assurer qu’il n’en restera plus rien. L’un des miliciens, le plus grands, tente de maîtriser Kelek qui est plié à la volonté des miliciens. Forcé et contraint physiquement, les deux parviennent à lui attacher les poignets dans le dos. Kelek se débat comme un forcené avant de se retrouver avec une épée menaçant sa gorge.

« Bouge pas mon gaillard, ou je te tranche la gorge… Finn ! Il est encore vivant ? » demande le milicien qui ne perd pas le loup de vue.

« Plus pour longtemps à mon avis. »

A peine a-t-il fini sa phrase qu’une explosion retentit dans la maisonnée, fracassant la façade de bois, le souffle balayant sans distinction les trois furry présents. Sonné, les oreilles sifflantes, le bruit sourd du feu crépitant au loin, Kelek ouvre difficilement les yeux. Le milicien qui le tenait en joug est dans le même état que lui. Avec difficulté et le corps douloureux, Kelek se redresse, se remet debout et contemple la fin de cette nuit, le feu qui dévore la maison comme il avait dévoré la sienne…

Le milicien reste figé d’horreur quand il reprend ses esprits, pas par le spectacle, mais surtout par la perte de son compagnon d’armes. Mais il ne reste pas bien longtemps sans réagir et il reprend son épée pour la pointer vers le loup.

« Toi, tu vas v’nir avec moi. »

Sans lutter, Kelek se plie aux ordres. Il a accompli ce qu’il souhaitait. Même s’il n’était pas à l’origine de cette explosion, même si c’était dommage qu’un furry soit mort pour ça… il est allé au bout et ne ressent à ce moment-là aucun regret. Le milicien le mène tant bien que mal jusqu’à la ville où un petit convoi l’attend. On le fait grimper à l’arrière après l’avoir dépouillé de ses armes éventuelles pour ensuite l’y enfermer à double tour. Le cochet fait avancer le convoi qui s’ébranle pour sortir de la ville. Dans un dernier regard, comprenant que ce qui l’attend maintenant, c’est la prison de Risua, Kelek sent son cœur défaillir un bref instant. Il se redresse, se tenant au barreaux, pour voir Arin trotter difficilement à quelques mètres derrière.

Essoufflé de cet effort, Arin tient bon, le visage empreint de douleur, de tristesse, d’espoirs qui s’envolent. Derrière lui arrive Metherys, Faelan et Anya qui le retiennent, le font s’arrêter de courir, le tienne aux épaules. Kelek les regarde, même une fois qu’ils disparaissent. Longtemps, il regarde derrière lui avant de finalement, se laisser tomber sur le sol de la calèche.

Une fois de plus, un combat. Le dernier et le meilleur que je connaîtrais jamais. Vivre et mourir en ce jour.

CODAGE PAR DITA | EPICODE


Dernière édition par Kelek Versdeloup le Jeu 26 Nov - 1:40, édité 1 fois
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Kaelyn Idow

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MessageSujet: Re: Kelek Versdeloup [Esclave] Ad Vidam Eternam    Jeu 26 Nov - 1:12

Je te donne ma première validation, bravo.
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William Steelfire

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MessageSujet: Re: Kelek Versdeloup [Esclave] Ad Vidam Eternam    Jeu 26 Nov - 15:39

J'ai adoré ! Je te donne sur le champ ta couleur et tes sous-sous.

Bon Role Play dans le Royaume de Cerith ! J'espère te voir au détour d'un rp ^^

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MessageSujet: Re: Kelek Versdeloup [Esclave] Ad Vidam Eternam    Jeu 26 Nov - 16:05

Merci les gars !!
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MessageSujet: Re: Kelek Versdeloup [Esclave] Ad Vidam Eternam    

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