Le royaume de Cerith
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 Zodiaque de Cerith

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Orchal de Cerith
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MessageSujet: Zodiaque de Cerith   Mer 30 Mar - 12:43


Les cerithiens, depuis l'aube de la civilisation, n'ont eu de cesse de voir dans les étoiles des formes, des symboles, et se sont toujours amusés, parfois avec beaucoup de sérieux, à les interpréter, allant même jusqu'à guider les vies de certains. C'est ainsi qu'est né le zodiaque : un ensemble de six symboles forts, parfois des créatures fantasmagoriques, parfois des concepts, qui se succèdent dans l'année, selon un schéma astrologique complexe.
Ces symboles ont évolués, et n'ont pas toujours une logique parfaitement ordonnancée. Certains habitants de Ceriths y croient dur comme fer, et consultent leur horoscope très régulièrement, tandis que d'autres considèrent cela comme une vieille superstition de bonne femme, alors que beaucoup s'en amusent sans trop s'en soucier. Les créatures qui y sont décrites sont mythiques, légendaires.
Contrairement aux dieux, rien prouve que les signes du zodiaque ont une influence réelle sur les êtres. Mais rien ne dit que ce n'est pas le cas ...



Rakshasa

Période : Du 5 septembre au 1er novembre
Place dans le zodiaque : 1ère constellation du cycle
Élément : Feu
Polarité : Mâle
Astre gouvernant : Soleil
Minéralogie : Or
Voit son opposé dans : Alfange
La constellation du Rakshasa représente une créature mythique étrange : un furry lion à quatre bras. On le représente généralement bleu, et porteur d'une grande magie (représenté classiquement à l'extrémité de ses membres, et dans sa gueule). Selon certaines légendes, cette créature serait le premier serviteur du dieu Lev, et son échanson. On dit que ceux nés sous cette constellation sont passionnés, créatifs, combatifs, mais aussi orgueilleux et autoritaires. Il est symbole de vigueur, et de puissance, que ce soit avec des armes ou de la magie.




Roue

Période : Du 2 novembre au 4 janvier
Place dans le zodiaque : 2nde constellation du cycle
Elément : Eau
Polarité : Femelle
Minéralogie : Améthyste
Voit son opposé dans : Hydre
La constellation de la Roue représente la servante de la déesse Loïka en train de faire tourner la roue cosmique : elle met en marche l'avancée inexorable du temps, la répétition des choses, et également le cycle de la vie et de la mort. Ont dit que ceux nés sous ce signe sont réfléchis, sages, perspicaces, voir clairvoyants. Ils sont impartiaux et bons, avec un gout pour l'ordre, et l'équilibre.




Séraphin

Période : Du 5 janvier au 2 mars
Place dans le zodiaque : 3ème constellation du cycle
Elément : Lumière
Polarité : Neutre
Minéralogie : Ambre
Voit son opposé dans : Rakshasa
La constellation du Séraphin représente un furry ailé, mais plus qu'une créature, il représente un concept : celui du furry bénit par les dieux, qui s'élève au dessus des mortels pour veiller sur eux. Parfois appelé ange, le séraphin est une forme d'idéal, un relais de la volonté de Loïka, qui manipule ses attributs : la lumière et les ténèbres. Deux éléments opposés qui donnent à ce signe une ambiguïté certaine. On dit que ceux nés sous cette constellation font facilement preuve d'initiative, d'esprit d'entreprise, d'audace, de courage, et sont épris de justice. On dit également que les meilleurs spiritistes sont séraphins.




Centaure

Période : Du 3 mars au 6 mai
Place dans le zodiaque : 4ème constellation du cycle
Élément : Air
Polarité : Mâle
Minéralogie : Grenat
Voit son opposé dans : Roue
La constellation du centaure représente une créature mythique constituée à la fois du haut du corps d'un furry (parfois furry loup, mais ça dépend des versions)armé d'un arc, et du bas du corps d'un cheval. Cet hybride serait la communion ultime du monde animal et du furry. C'est un symbole de nature, et aussi l'un des symboles les plus populaires chez les chasseurs. C'est également vu comme un agent du destin, la pointe de sa flèche indiquant le futur. On dit que ceux nés sous cette constellation sont instinctifs, rapides, indépendants, et savent se contenter des choses simples de la vie.




Alfange

Période : Du 7 mai au 30 juin
Place dans le zodiaque : 5ème constellation du cycle
Élément : Métal
Polarité : Neutre
Astre gouvernant : Lune
Minéralogie : Argent
Voit son opposé dans : Séraphin
La constellation de l'alfange représente le champion que les dieux ont choisit pour porter la légendaire épée que Haï aurait forgé pour contenir toutes les stratégies que les gens ont utilisés par le passé, afin que son porteur puisse les utiliser. L'arme est censée évoquer la courbure du croissant de l'une, et représente la guerre froide, réfléchie et appliquée, éloignée de la combativité primal du Rakshasa. On dit que ceux nés sous cette constellation sont très intelligents, logiques, patients, et font preuve de qualités d'adaptation.




Hydre

Période : Du 1er juillet au 4 septembre
Place dans le zodiaque : 6ème constellation du cycle
Elément : Terre
Polarité : Femelle
Minéralogie : Jade
Voit son opposé dans : Centaure
C'est le signe qui a la période la plus longue, et qui finit le cycle. La constellation représente une bête massive, avec plusieurs têtes (généralement cinq, mais ça peut être bien plus). L'hydre est une créature unique et fantastique, un grand reptile mythique, amateur de jungles et de forets humides, que les dieux auraient façonné en tout premier, afin qu'elle donne naissance aux autres animaux. Elle couverait encore tous les petits de chaque espèce à la fois, depuis sa constellation, comme leur propre mère. C'est un signe fort, primal, qui est généralement associé à la féminité et à la fertilité.  On dit que ceux nés sous ce signe sont protecteurs, aimants, ordonnés, rigoureux, travailleurs, et prudents.



Dernière édition par Orchal de Cerith le Lun 1 Mai - 15:34, édité 1 fois
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Orchal de Cerith
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MessageSujet: Re: Zodiaque de Cerith   Dim 26 Fév - 0:43

La légende du Séraphin par Nanashi Ten'Inu

De nombreux contes et légendes racontent l'origines des étoiles et des constellations, qu'ils soient véridique ou non. Voici lune d'entre elles ...


       Dans les temps anciens, bien avant la fondation de Risua, bien avant que les peuples ne se sédentarisassent, naquit un enfant du nom de Séraphin du clan des Ailes-de-Faucon. À cette époque, les noms de famille n’existaient pas encore, et les nouveau-nés prenaient le nom de leur clan, souvent basé sur le nom du chef ou sur ses aptitudes guerrières. Séraphin était un chacal, issu d’une famille influente dans le clan, à qui un avenir doré était promis. Hélas, l’enfant naquit atteint de mélanisme, et sa mère mourut en couche. Le décès de la mère lors de l’accouchement n’était pas rare à cette époque, mais ce triste événement couplé à la couleur ébène du pelage de l’enfant mena le clan à croire à une malédiction. La famille de Séraphin fut déchue, et le père dut élever son enfant seul, à l’écart de la communauté.

       L’enfance du chacal fut difficile. Son père fut destitué de son titre de guerrier et relégué aux basses besognes : crémation des morts, tannage des peaux, forage des puits sanitaires. De ce fait, ils n’avaient pour vivre que le strict minimum et vivaient en parias. Les mères écartaient leurs enfants sur leur passage, et d’aucuns leurs jetaient des pierres en proférant des incantations contre le mauvais-œil. Peu après les 8 ans de Séraphin, son père mourut d’épuisement et de chagrin. Son corps, sa tente et toutes ses possessions furent brûlées, et le jeune enfant fut banni du clan.

       Séraphin erra sans but pendant plusieurs semaines, se nourrissant de quelques baies glanées çà et là et buvant l’eau des flaques, les intempéries altérant sa santé, l’amertume et la tristesse meurtrissant son âme. Un matin, il arriva au pied des montagnes qui seraient plus tard nommées Chaîne de Darrow. Épuisé, malade et affamé, l’enfant s’effondra dans un buisson, résolu à se laisser mourir.

       Le hasard, la chance ou un caprice divin voulut qu’un vieil homme le recueillît. Il s’agissait d’un ermite aveugle, dont l’Histoire n’a pas retenu le nom, qui vivait dans la montagne. Le Sage, tel qu’on le nomme aujourd’hui, soigna et nourrit Séraphin. Mais, s’il rétablit la santé du chacal en quelques semaines, le plus grand miracle qu’il accomplit fut de guérir son âme de l’amertume qui la submergeait. Le vieil homme enseigna à l’enfant l’art de la médecine et des potions, mais surtout la manière de trouver la paix intérieure par la justice et l’altruisme.

       À la mort du Sage, au cours de sa dix-huitième année, Séraphin sortit de sa retraite pour répandre la bonté sur ses pas. Enveloppé dans une grande étoffe blanche pour cacher son apparence, il arpenta Cerith, se rendant de clan en clan pour soigner les malades, aider les accouchements et arbitrer occasionnellement les conflits. Surnommé « l’Ange », Séraphin répandit la paix dans Cerith jusqu’à ses soixante-treize ans.

       Sentant sa fin venir, le chacal ressentit le besoin de retourner sur sa terre natale, sur laquelle il souhaitait reposer. Son clan l’accueillit tel l’ange qu’il était, avec respect et déférence. Séraphin désira exposer ses dernières volontés, afin que les prêtres disposassent de son corps dans le respect des traditions. Las ! Lorsqu’il dévoila son identité, le clan fut frappé de peur et le chassa, jetant des pierres et des déchets sur l’homme pour qu’il s’éloignât le plus rapidement possible de leurs terres.

       Ses espoirs piétinés, les rites funéraires lui étant refusés, Séraphin marcha sans but pendant des jours, et finit par arriver jusqu’à une plage. Épuisé, usé par les années, le chacal mourut au bout de quelques jours. Seul. Le ressac entraîna son corps vers la mer, royaume d’Haï, Celui Qui Sait.

       Le dieu, ému par la souffrance de cet homme à la bonté sans égale, repêcha son corps et quitta la mer. L’on raconte qu’il le porta durant une année entière, arpentant la région entourant les terres du clan des Ailes-de-Faucon, pleurant sans fin, ses larmes inondant les terres, creusant des sillons qui se muèrent en rivières, qui elles-mêmes créèrent l’immense lac à l’ouest de ce qui serait, bien plus tard, le Golfe de Foxfield, et que certains surnomment « La Larme d’Haï ».

       Après un an de deuil, Haï plongea sous la surface du lac pour y laisser la dépouille de Séraphin, profondément enterrée sous la terre qui l’avait vu naître. Sensibles à l’émoi de leur frère, les dieux dessinèrent la constellation du Séraphin, le chacal aux ailes de faucon, afin que nul n’oubliât qu’il veillerait sur le monde depuis les cieux, pour l’éternité.
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Orchal de Cerith
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MessageSujet: Re: Zodiaque de Cerith   Dim 26 Fév - 0:46

La légende de Ber le dragonnet par Garreth Viveflore

De nombreux contes et légendes racontent l'origines des étoiles et des constellations, qu'ils soient véridique ou non. Voici lune d'entre elles ...


Venez, tous autour du feu pour entendre une histoire encor’…

Une pate écailleuse marquée par le temps passé et les hasards d’une longue vie s’empara d’une buche et la catapulta dans le brasier. Tout autour, les petits du village s’installaient sur les grands troncs coupés qui serviraient de bancs aux fêtards jusqu’au petit matin. La lune s’était levée et les grands feux de joie projetaient sur la plaine alentours les ombres folles des villageois s’apprêtant à entamer la veillée. Sur un petit réchaud, une bouilloire rondelette laissait échapper un peu de vapeur. A côté d’un seau d’eau fraiche, soigneusement posé sur un tabouret trônait un petit plateau contenant un pot de feuilles et une minuscule tasse en porcelaine.

La voix prit une intonation théâtrale pour le plus grand plaisir de son audience. Le vieux dragon agita le châle qu’il avait revêtu telle une cape pour appuyer son effet.

Asseyez-vous et je vous parlerais de Ber le dragonnet, de la première étoile et de leur histoire…

Son public dument captivé, Garreth se rassit sur sa souche. Il attrapa son long bâton d’une main et s’appuya en avant, tel un conspirateur s’apprêtant à révéler un antique secret.

Il y a de cela très longtemps… si longtemps que le grand-père de mon grand-père n’était même pas né, et que Ber - le grand-père de son grand-père - avait à peine appris à marcher… lorsque le soleil était parti se coucher, le ciel était vide de tout et sur la terre il faisait vraiment, vraiment très sombre.

Le vieillard se redressa un peu, et reprit comme pour détourner un commentaire qu’il voyait venir : Bien sûr, par les temps qui courent la nuit n’est pas toujours claire, mais à cette époque-là… lorsque venait le soir, il faisait si noir que l’on se serait cru au fond de la plus profonde des grottes… Si noir, que la lune avait trop peur de se cogner contre un arbre et préférait rester au lit jusqu’au matin… Si noir, qu’à la fin du jour, la nuit coulait sur le monde comme de l’encre dans une coupe et recouvrait… tout ! Et s’il faisait si noir mes enfants… c’est tout simplement parce que les étoiles n’existaient pas encore.

Le conteur se redressa un peu plus et assena un coup de tisonnier au plus consumé des morceaux de bois pour en jauger l’état. Le choc fit s’envoler un tourbillon d’éclairs ardents dans l’air chaud du brasier. En une gorgée, il engloutit tout le contenu du petit gobelet de porcelaine.

En ce temps-là, les gens restaient chez eux une fois la nuit venue. Et si l’on devait vraiment sortir, on prenait avec soi un peu de feu dans une lanterne. – A ces mots, il s’empara d’un brandon flamboyant de la pointe de ses griffes et le déposa délicatement dans la tasse qu’il venait de drainer. Agitant la braise au regard de son public, il continua – Nul ne voulait se retrouver coincé au milieu des ténèbres, pris au dépourvu.

Ber était un petit dragonnet, tout juste de votre âge. Jeune et fougueux, il s’aventurait chaque jour dans les bois bordant la maison de ses parents. Il était aimable avec les animaux des alentours, et s’invitait souvent dans leurs espiègleries.

Ce matin-là, ses jeux l’avaient emporté sur la cote, après un long chemin dans la forêt. A l’aube il avait couru les bois avec le loup sauvage. A midi, il avait réglé une dispute entre la méduse et le brochet. Enfin, il avait passé l’après-midi à chercher un hanneton disparu. Il avait remué ciel et terre, soulevé chaque feuille et regardé dans chaque tronc creux, mais rien n’y faisait. Il ne trouvait ni mot ni trace du passage de son modeste compagnon.

Alors que les cieux au-dessus se teintaient de pourpre et d’orange, il découvrit finalement les minuscules traces de pattes du coléoptère menant à une grotte. Non, non… pas un petit trou entre deux rochers, pas un terrier ou un nid de poule. Une vraie grotte à flanc de falaise surplombant les flots, dans laquelle un bras d’eau salée s’engouffrait depuis l’océan ! Ber n’était pas un dragon à se laisser impressionner, loin s’en faut. Défaisant la boucle de sa ceinture, il empoigna sa petite lanterne – rappelez-vous, personne ne sortait sans lumière en ce temps-là. De sa bourse il sortit son silex, sa pierre à étincelles et son amadou. Au bout de quelques minutes, une flamme douce rependait sur le paysage alentour sa discrète clarté.


Garreth souffla gentiment sur le brandon mouronnant dans sa coupe, le portant à incandescence et irradiant son museau marqué par les années de lueurs changeantes.

Attiré par cette animation, le loup des bois avait rejoint le garnement et gambadait joyeusement derrière lui. Lampe à la main, Ber s’immisça dans le gouffre. Les murs couverts de sel et d’algues jetaient des reflets d’émeraude tandis qu’il progressait de plus en plus profond. Le courant à ses pieds se faisait tantôt rapide, tantôt placide.

Au premier tournant, l’eau de la caverne se mêlait à celle des vagues venues de dehors en un bassin plus calme dans lequel le brochet surveillait d’un œil endormi la méduse qui tournait autour de lui en cercles paresseux. Ayant résolu leurs différences, ils s’étaient mis ensemble à l’abris des éléments car le jour touchait à sa fin.

Ber s’enfonça de plus en plus loin dans le tunnel, suivant la piste de son ami disparu.

Les murs se couvraient peu à peu de formations cristallines qui scintillaient dans la pénombre en réfléchissant l’éclat de la lanterne. Quant au courant, il accélérait peu à peu sous les pieds de notre héros. Le vieux dragon se penchant d’un coup vers l’avant, balayant l’air de sa griffe devant les yeux de ses spectateurs. Soudain ! Une pierre traitresse se déchaussa sous ses talons, faisant culbuter Ber et son lumignon dans la rivière souterraine ! Alors…


A ces mots, Garreth plongea sa tasse dans le seau attenant, noyant la braise qui protesta en une gerbe de vapeur sous le nez des enfants.

Toute la caverne fut plongée dans les ténèbres ! L’obscurité la plus complète !

Se redressant, le vieillard reprit tout en nettoyant son gobelet de la manche gauche de sa robe.

Emporté par les rapides, il glissa de plus en plus loin, de plus en plus bas… Avait-il lutté contre les flots pendant quelques minutes ou quelques heures ? Lorsqu’il parvint enfin à se hisser sur une berge, trempé et meurtri, il porta immédiatement la main à sa ceinture pour trouver sa bourse. En l’absence de bougie dans sa lanterne, que lui restait-il ? Comble de malheurs, elle s’était détachée emportant avec elle le silex, la pierre à étincelles et l’amadou. Etais-ce une pensée pour ses parents, ou les bleus récoltés pendant sa descente ? Il voulait être vaillant, mais une larme coula sur les écailles de sa joue et dans les ténèbres... pour atterrir sur le hanneton qui s’insurgea contre cette pluie inattendue !

Ragaillardi au moins d’avoir retrouvé son complice, Ber tapota le sol devant lui pour laisser l’insecte monter sur sa griffe. De la griffe à l’épaule, de l’épaule à l’oreille. Contrit d’avoir causé du tort à son ami, l’insecte lui révéla la raison de son aventure. La veille au soir, juste avant que le crépuscule ne recouvre la plaine, il avait vu un grand étranger encapuchonné portant une torche ardente emprunter le chemin de la grotte. Curieux, le coléoptère l’avait suivi pour dire bonjour, mais il avait perdu de vue le mystérieux voyageur. Bientôt, il ne fut plus en mesure de distinguer la clarté de son flambeau et se retrouva hésitant, ne sachant dans quelle direction se tourner.

Les deux compères savaient qu’ils ne pouvaient rester à attendre un secours improbable… Ber avança à tâtons, suivant le mur de sa griffe et gardant la rivière désormais imperturbable à proximité. Il marcha si longtemps que sa tunique avait fini par sécher. Le hanneton épuisé avait élu domicile dans sa poche.


Garreth fit semblant de se verser une tasse de thé. Les griffes cachées derrière le tabouret, il se saisit d’une petite flasque d’étain dont émanait un puissant arome fruité et versa une larme de son contenu dans sa timbale. Se redressant, il reprit :

Fatigué à son tour, Ber s’assit contre la paroi humide. Il ne pensait qu’à sortir de ces tunnels… Certes son ami le hanneton lui tenait compagnie, mais il voulait rentrer chez lui. Il voulait retrouver les arbres et le vent, qui ne soufflait pas ici…  Le vent… qui venait de lui fouetter le visage ? D’où venait cette brise, aussitôt disparue ? Le dragonnet leva la tête, intrigué. Quelque instant plus tard, le souffle se manifesta de nouveau, chaud comme un matin d’été.

Ber remontait le passage, au-delà de la rivière souterraine. Il sentait le flux et le reflux de l’air autours de lui, réguliers. Froid dans son dos lorsqu’il le poussait vers l’avant, et chaud contre son front lorsqu’il devait luter pour avancer.


Le vieux dragon interrompit ses gesticulations mimant un combat contre la tempête imaginaire et se figea soudain. Mais alors ! il y avait de la lumière au tournant devant lui ! La sortie peut-être ? avait-il marché sous terre toute la nuit ? Le vent s’engouffrait dans le boyau avec un bruit grave et profond.

Le galopin se glissa dans la grande caverne s’étendant devant lui. Une immense cavité naturelle dont les murs et le plafond brillaient de milles feus. Une incroyable géode dont les cristaux rayonnait de toutes les couleurs de l’arc en ciel. Le plus merveilleux était la silhouette trônant au centre de la salle. Un titan assoupi la tête logée entre ses bras, ronflant du sommeil du juste. Il portait une longue robe de soie blanche flottant jusqu’à ses pieds emmaillotés de la même étole. Une longue capuche lui couvrait le visage, descendant jusqu’au-dessous de son menton si bien que Ber ne pouvait distinguer ses trais. De l’intérieur de cette dernière émanait une clarté pure et majestueuse se réverbérant dans toute la cavité.

Pour un étranger, celui-ci était démesuré ! Chacun de ses ronflements menaçaient de faire s’envoler le jeune dragon, et un seul de ses gants aurait pu servir de tente à une famille entière ! Le jeune dragon songea à rebrousser chemin. Cependant l’idée de se retrouver à nouveau dans les profondeurs humides sans lampion ni chemin ne lui paraissait pas plus enviable. Prenant son courage à deux mains, Ber se planta devant le géant et frappa sa lanterne telle une cloche. Une fois, et la silhouette grogna dans son sommeil. Deux fois, et une main mal assurée se dressa comme pour chasser une mouche. Trois fois enfin, et un bâillement sans égal fit s’envoler le garnement dans les airs !


Garreth s’était levé promptement, les bras écartés. Les enfants devant lui suspendus à ses lèvres.

Au lieu de retomber, il rebondit doucement au milieu de l’immense paume ouverte pour le rattraper. Se redressant, le colosse porta la main devant son visage masqué comme s’il inspectait l’intrus. Puis une voix profonde comme le temps, mais ensommeillée et débonnaire emplit la caverne. « Ooooaah -  Garreth commença par un bâillement, et poursuivit en puisant dans la voix la plus grave et rocailleuse qu’il pouvait convoquer – que faites-vous ici tous les deux ? Etes-vous perdus ? » Ber et le hanneton hochèrent la tête à l’unisson. La silhouette porta une main gantée sous sa capuche et réprima un autre bâillement. « J’aimerais vous aider, mais je suis – Ooooaah – si fatigué… ». Trop terrifié pour dire un mot, Ber brandit sa lampe vide à bout de bras. « Ooooaah… Oh, je vois... mais je n’ai pas de briquet à battre. Peut-être que… Ooooaah ». La main gantée trouva à nouveau son chemin sous l’impossible capuche, et sembla essuyer une larme de sommeil. Lorsqu’elle réapparu, elle portait au bout de son index une chose incroyable : Une perle de lumière liquide, brillante et pure telle une poignée d’or en fusion, qui illuminait la grotte de ses rayons acérés.

Garreth avait trempé la pointe de sa griffe dans le liquide transparent reposant dans sa tasse, puis la ressortit et secoua pour ne conserver qu’une gouttelette. En un mouvement souple, il la fit passer dans la flamme d’une bougie proche. La goute d’eau-de-vie s’embrasa en une petite flamme bleutée persistant quelques instants au bout de la serre du vieillard.

Avec une incroyable délicatesse, le titan déposa la merveille dans le réceptacle de la lanterne que Ber brandissait devant lui où elle se coula dans le bruloir telle une cuiller de miel.

A ces mots, le vieux dragon toucha la surface liquide reposant toujours dans son gobelet, y propageant la flamme. Retirant la patte, il la porta à sa gueule et humecta la pointe roussie mais intacte avant de reprendre.

« Rentrez-bien… Je vais dormir encore un peu… je me lève tôt... ce matin… » Sans plus de formalités, la silhouette se lova contre le mur voisin, leur tournant le dos et se mit à ronfler de plus belle. Il ne fallu pas le dire deux fois, et nos deux garnements s’enfuirent d’où ils étaient venus.

Ber progressait dans les cavités irrégulières. Avait-il fait tout ce chemin à l’aveuglette ? Son lumignon perçait désormais les ténèbres tel un fanal ardent, bannissant les ombres devant lui. Il avait dû faire fausse route, car il ne trouvait plus la rivière souterraine qui l’avait entrainé si loin sous terre. Il avait suivi au hasard de nombreux embranchement, mais il ne pouvait dire s’il se rapprochait de la sortie ou bien tournait en rond. Et en guise d’onde, il n’y avait que des un trous d’eau éparpillés au détour des galeries. Son estomac gargouillait... Faute de vivres, il pourrait au moins étancher sa soif. S’agenouillant pour boire, il y découvrit la méduse. Lassée de la mauvaise humeur du brochet, elle s’était glissée dans une craquelure de la paroi rocheuse et s’était retrouvée ici. La rivière n’était pas si loin, lui dit-elle, et elle était désolée de ne pas pouvoir le guider. En effet, suivre le courant une chose, mais pour le remonter il lui fallait voir où nager.

La méduse proposa un marché au dragonnet : en échange d’un peu de sa lumière, elle lui montrerait la direction de la rivière. Le gamin opina, et découvrit sa lanterne pour laisser son amie y plonger un tentacule. Tel un long câble incandescent, l’éclat liquide remonta le long du filament pour se diffuser dans l’ombrelle de la méduse qui se teinta des couleurs du crépuscule. Aussitôt fait, elle disparut dans une fissure inondée. Quelques instants plus tard, un bruit d’éclaboussures attira l’attention de Ber. Au-delà de l’intersection, au fond de l’un des couloirs, son amie avait crevée la surface d’une autre mare et lui faisait signe de la rejoindre, avant de disparaitre dans une autre crevasse.

De fosse en étang, de lac souterrain en bassin de source, elle les avait finalement guidés jusqu’à la rivière. Grisée par sa nouvelle légèreté, elle accepta les remerciements du dragonnet avant de s’envoler et de filer par une fêlure dans le plafond.

Le hanneton perché sur son épaule, Ber remonta le cours du fleuve souterrain. Les galets blancs crissant sous ses pieds tandis qu’il remontait la pente. Il devait désormais faire très attention, car les rapides projetaient une écume glissante tout autours, et il ne voulait pas risquer de retomber en contrebas. Finalement, il arriva devant la cascade. Une grande chute d’eau s’épanouissait devant lui. Elle se déversait du haut de ce qui semblait être une vraie falaise : un mur de roche dressé haut et droit, poli par l’écoulement du temps et de l’eau.

A bout de forces, Ber posa sa lampe devant lui. La faim se rappelait à lui, et il ne trouverait que cailloux et stalagmites si profond sous le sol. Avec un cri de rage, s’empara d’un galet et le jeta avec fureur contre la cascade. Il lui cria son malheur, sa peur et sa faim. L’onde coulait, indifférente à ses peines.

Le dragonnet finit par s’affaler sur un bloc de granite, le menton sur les genoux. Le regard fixé sur sa seule source de lumière il luttait contre la fatigue, mais ses paupières étaient de plus en plus lourdes…

Il fut réveillé en sursaut par une éclaboussure. Une pomme fraiche avait trouvé son chemin dans la cascade et avait fait le grand plongeon jusque dans le bassin auprès duquel il s’était arrêté. Reconnaissant, le jeune dragon mordit dans le fruit à pleines dents ! Il faillit sursauter en relevant la tête toutefois, quand son regard croisa celui amusé du loup le regardant du haut de la saillie. Ce dernier avait entendu ses cris et lui avait jeté le dessert qu’il s’était réservé la veille. Sans rien dire, le loup disparut un moment. Il revint bientôt, tenant une longue racine dans sa gueule. Le canidé la fit glisser en contrebas, telle une corde de fortune, et bientôt elle fut à portée de Ber.

Lorsque le dragonnet fut bien agrippé, le loup tira en arrière mâchoires serrées sur le cordage improvisé. Il souleva l’enfant de presque un bras, avant que ses quatre pattes ne dérapent dans la poussière. Le loup n’était rien si ce n’est entêté, et dix fois il se mit à la tâche. A bout de souffle, il confia au Ber : « Quel honte mon ami ! Si ma meute était ici, nous t’aurions fait sortir avant que tu aies put chanter ! Mais pour un loup seul, la besogne est trop grande. » « Pourrais-tu les trouver et demander leur aide, ô loup ? » lui répondit le jeune dragon. « Sans la vue des arbres pour me guider, je me perdrais dans la forêt. » lui rétorqua son compère.

Ber s’empara du bout de la racine, et l’enroula autours de la lanterne. « Emporte ma lampe, alors… » Tout doucement, le loup fit remonter la liane jusqu’à pouvoir s’emparer de la précieuse lumière. De la pointe de son museau, il déverrouilla le loquet et ouvrit la lanterne pour y tremper la pointe de sa crinière. Son pelage luisant désormais tel un braséro pour éclairer sa route, il s’élança dans le tunnel avec un jappement d’excitation.

Ber attendit nerveusement, et c’est avec joie qu’il entendit les hurlements de la bande entière poursuivant leur éblouissant chef. Vingt mandibules se refermèrent sur la longue racine et en un puissant mouvement le jeune dragon fut projeté en haut de l’escarpement.


Garreth se rassit. Emporté par son récit, il s’était levé pour accompagner chaque phrase de grands mouvements de bras.

Ahem… Sitôt leur sauvetage accomplit, le groupe se rua de plus belle vers la sortie pour reprendre leurs jeux. La lanterne quant à elle gisait au sol, renversée. Elle avait été bousculée dans le chaos et le réceptacle de lumière se rependait dans la rivière pour disparaitre à nouveau dans les profondeurs. Lorsque le dragonnet la redressa, il n’y avait plus au fond du bruloir qu’une petite goutte, projetant un modeste halo contre le verre de la lampe.

Dépité, Ber haussa les épaules. Je n’ai plus qu’à attendre que le loup revienne me chercher – se dit-il. « Hanneton, tu ferais aussi bien de la prendre et rentrer auprès des tiens… de toute façon il ne reste plus assez pour éclairer mon chemin. »

Ne sachant que répondre, le coléoptère acquiesça. Délicatement, il posa la dernière larme de lueur sur son dos, et s’envola dans l’obscurité telle une étincelle dans le noir.


Le vieux dragon recouvrit la tasse toujours flamboyante de sa paume calleuse pour l’étouffer. Cette fois sans subterfuge, il y mélangea le reste de sa théière avant de reprendre.

Le temps s’étirait pour notre jeune héros. Oublié au fond du monde, il commençait à croire que ses ami ne reviendraient pas pour le ramener chez lui. Ruminant ces pensées, il s’aperçut qu’il distinguait le couloir devant lui. Etais-ce le matin qui commençait à poindre ? La lumière était trop douce pour que ce soit l’astre du jour. Même la crinière ardente du loup ou les volutes de la méduse auraient projeté un plus grand éclat.

S’aventurant vers la source de ce scintillement, Ber fut surpris de se retrouver nez-à-nez avec le hanneton. Le dragonnet ne pouvait compter tous les coléoptères que son ami avait rameuté. Tous portaient sur leur dos un petit fragment de lumière et ils s’étaient posés sur chaque mur et chaque plafond de la grotte, chacun brillant comme un petit diamant. Les remerciant tous les uns après les autres pour être venus le secourir, il atteignit enfin la sortie et en eut le souffle coupé. Pour chaque point luisant dans la grotte, mille encore clignait dans les cieux. Le moindre d’entre eux gardien de son éclat de lumière, ils s’étaient posés sur le firmament, et projetaient ensemble une douce clarté sur le monde. Ils s’étaient organisés par familles et par affinité. Leurs danses sur la voute céleste était un spectacle incroyable pour qui n’avait connu que la nuit la plus noire.

Déjà dans les cieux, les hannetons, les scarabées, les grillons et tous les autres se chamaillaient pour avoir la meilleure place, et bientôt ils eurent fondé leurs six grandes cités célestes, qui deviendraient plus tard les constellations. Cette nuit-là, ils abandonnèrent leurs anciens noms et revêtirent ensemble une nouvelle apparence : celle de la luciole.

Et voici mes enfants comment apparut la première lueur au ciel du soir, et comment toutes ses sœurs vinrent au secours du dragonnet Ber. Accrochées à la voûte céleste nous les avons nommées étoiles et lorsqu’elles traversent le ciel pour nous visiter, elles sont étoiles filantes. –
 ajouta le vieux dragon avec un sourire amusé. - Quant aux deux autres amis de Ber, on voit parfois passer leurs descendants : les ardents feufoloups et belles méduses du soir…

La prochaine fois je vous raconterais comment leurs six maisons rivalisèrent au-dessus de nos têtes pour l’attention de la lune…


Garreth engloutit la dernière gorgée de thé brulant. Les enfants se frottaient les yeux et la fatigue se lisait sur leurs visages.

Mais c’est une histoire pour un autre soir. Pour vous, il est temps d’aller dormir.
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