Le royaume de Cerith
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 Masym Eahlfrig - Médecin de campagne, conteur itinérant, prêtre en vadrouille

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MessageSujet: Masym Eahlfrig - Médecin de campagne, conteur itinérant, prêtre en vadrouille   Jeu 19 Mai - 18:47

Masym Eahlfrig
PRÉNOM • Masym
NOM • Eahlfrig
SEXE • Masculin
ORIENTATION SEXUELLE • Dépend de ses errances et de ses humeurs
ÂGE • Quarante-six belles années sur Cerith
RACE • Tient plus du rossignol que du cerf (mais les bois sont tenaces)
____________________________

GROUPE • Religion
MAGIE • Magie de Soin – Clairvoyance

Pour la magie de Soin, il parvient à résorber les plus vilaines entailles et coupures, à replacer un os voire même à tirer quelqu'un hors du coma. Il ne fait néanmoins pas étalage de ses grandes prédispositions à la magie, souffrant bien plus vite des effets de cette utilisation. Rien que pour soigner entailles ou coupures, il souffre de maux de tête pendant plus d'une demi-journée, s'accompagnant de pertes de sang aux orifices nasaux. Rien de très agréable. Il lui arrive de devoir comater plusieurs jours durant après avoir soigné des personnes grièvement blessées.

En ce qui concerne la Clairvoyance, il n'en a pas la maîtrise. Il s'agit juste de rêves qu'il sait prémonitoires, d'intuitions plus fortes que d'autres. Comme s'il s'agissait d'un sens supplémentaire mais dont l'utilisation de façon active s'avérait impossible. Il l'utilise, la plupart du temps et quand ce don de prescience s'active inopinément, pour aller voir les villages qu'il a pu voir en rêve. Il y trouve très souvent une personne à soigner, ce qui marque donc une étape de son voyage.

COMMENT AVEZ-VOUS TROUVÉ LE FORUM • Un simple DC
CODE DU RÈGLEMENT •
L'équipement de votre personnage.


Masym se balade avec une lance, pour toute arme, composée essentiellement de bois pour le bâton et d'une pointe en fer pour le « fer de lance »
En guise d'objets, un simple pendentif qu'il porte au cou représentant l'emblème de Kokta, un luth dont il se sert pour accompagner les contes et histoires qu'ils narrent au coin du feu. Une toile qu'il utilise pour emballer la majorité de ses affaires en un baluchon qu'il accroche à la hampe de sa lance.
Hormis les vêtements qu'il peut porter, qu'il soit en voyage ou arrêté à une étape de ce dernier, il ne transporte aucune pièce d'armure, se contentant de garnir sa tunique de pièces de cuir bouilli pour renforcer les tissus.
On peut aussi noter qu'il porte fréquemment un chapeau (rouge) à plume (blanche). On lui prête très souvent le port d'une cape (pour elle, c'est la même chose, elle est blanche). Ce sont, avec son pendentif, les seuls emblèmes de Kokta qu'il laisse voir.
 
Physique de votre personnage


Masym possède une apparence physique toute particulière et loin d'être banale. Et c'est ce qui rend chaque arrivée dans un village très mouvementée, tant le reconnaître de loin est assez aisé. Le couvre-chef rouge, la plume et la cape blanches, les plumes mauves-violettes et particulièrement claires. Ce n'est pas le genre de furry qu'il est difficile de distinguer. Et c'est ce qui le rend aussi très vulnérable vis-à-vis de la faune de Cerith quand il trouve le courage de partir à l'aventure dans des lieux qui lui sont inconnus.

Bref. Sa taille se trouve être dans la moyenne, quoiqu'un peu plus au-dessus. Il n'est, en revanche, pas bien épais, son poids étant grandement assuré par la présence de ses ailes, dont il arrive à se servir de temps en temps pour voler un peu sur de courtes distances. Son « pelage » est donc violet-mauve clair, les plumes devenant blanches sous les ailes, et s'éclaircissant sur tout l'avant de l'hybride. Il possède, sur sa tête, des bois proches de ceux qui peuvent posséder des cerfs, relativement petits néanmoins et de couleur beige assez clair. Sa « chevelure » si c'en est une se compose d'un bleu grisaillant à mesure qu'elle descend dans le dos. Seules les pointes des mèches virent au bleu ciel (les nuances grises n'en finissant pas de modifier la couleur, la poussière exclue).

Contrairement aux autres oiseaux, il doit son ouïe à une paire d'oreilles proches de celles d'un cervidé (mais dérivant étrangement vers le type d'une autre espèce, comme s'il s'agissait d'un énième croisement). Fait assez notable pour qu'on ait à le noter, ses yeux sont particulièrement simples, l'acuité visuelle de Masym n'en étant pas perturbée (c'est un rossignol, après tout, pas un rapace quelconque). Ses yeux, donc, possèdent l'étonnante particularité d'être d'un bleu ciel tout aussi particulièrement clair.

Psychologie de votre personnage


Le petit groupe s'est approché du feu, posté en cercle et observant celui qui détient le luth. L'oiseau mauve accorde son instrument tandis qu'il discute un peu, jusqu'à ce que l'on vienne l'interrompre.
Y'a pas grand-chose à dire sur moi, vous savez. Je suis juste comme tout bon quidam de Risua. Je vis, je mange, je passe du bon temps, j'aide les autres. Et un jour, j'y passerai, prêt à retourner auprès de Loïka. Non, non, je ne suis pas fataliste, seulement réaliste, je sais ce qui m'attend, je m'y suis fait.
Mais bon, si vous voulez des précisions… Je vous dois bien ça. Je suis pas du genre à parler de moi, sauf si je me sens redevable. Je vous arrête tout de suite, ça n'est pas une chose qui arrive souvent. C'est même plutôt l'inverse, les gens me doivent énormément. Pas de quoi gonfler mon ego, après tout, mais ça fait toujours plaisir de se sentir le bienvenu quelque part, voyez-vous. C'est que je n'aime pas vraiment me sentir comme un intrus. Pas l'âme d'un criminel du tout, sauf si c'est pour la bonne cause. C'est un peu pour ça que j'ai quitté un ordre de combattants de la foi, un peu au dernier moment, mais je vous en parlerai plus tard. J'ai des idéaux, comme tout le monde, et je peux me battre pour eux. Mais l'idée de tuer m'a… rendu terriblement malade. Et à la place, j'ai été envoyé à l'Académie pour parfaire le peu d'éducation magique que l'on m'a enseignée dans l'Ordre templier de Kokta. C'est à peu près là que j'ai compris pourquoi je n'appréciais pas la théorie et comment j'avais pu passer à côté d'une chose qui me semble pourtant naturelle, à présent. Aider les gens, les soigner, guérir leurs maux, que ce soit par la musique ou par la magie, c'était bien plus qu'une vocation.

En fait, je crois bien n'avoir jamais aimé rester trop longtemps au même endroit. J'aime voyager, c'est ce qui me permet de tromper l'ennui, de savourer cette liberté. Liberté que l'on pourrait me retirer assez aisément, d'ailleurs. Enfin, aussi vigilant que je puisse être, je reste quelqu'un de prudent. Je ne voyage jamais sans la lance que j'ai reçue lors de mon début de formation dans l'Ordre. C'est comme une relique du passé, c'est un moyen de me souvenir de ce que j'ai vécu. Quelques fois, je m'y attarde un peu trop, par ailleurs. C'est comme une sorte de commémoration personnelle pour des histoires révolues. Et parfois même, je ne sais pas ce que j'honore dans ce passé. Si ce sont tout simplement les souvenirs que j'en ai ou bien les personnes que j'ai connues et côtoyées, plus ou moins proches de moi. Et puis il y a ce don, cette faculté d'user instinctivement de la magie de la clairvoyance pour voir ce qui ne pourrait guère être vu. Je ne vais pas vous dire que je vois des morts partout où je vais, rassurez-vous. Simplement que certaines choses ne sont pas simplement du domaine du vivant, qu'il y a un certain trait de spiritisme qui habite chaque lieu.

C'est comme si je pouvais… Ressentir ce qu'il a pu ou pourrait se produire. Ce n'est pas une science exacte alors j'ai fait avec, j'ai appris à ignorer ces ressentis même si ça s'avère pénible. Si, un jour, vous me trouvez en train de me tenir d'une main contre un mur, la tête vers le bas, le regard dans le vide, pas loin de dégobiller mon dernier repas, c'est que j'ai dû aller dans un endroit dans lequel fallait pas aller. Bon, ça peut aussi être une cuite ou un truc qui passe pas bien, mais ça reste rare. J'encaisse très bien l'alcool, d'abord ! Et je sais utiliser ma propre magie sur moi, pour me donner le temps d'ingurgiter quelque chose pour la digestion.

En parlant d'esprits et de morts, j'ai beaucoup de mal à supporter le trépas des personnes qui m'entourent. Ce qui est, je vous le donne en mille, bien pire quand il s'agit d'un de mes patients. Je me rappelle que le premier de mes patients à avoir rejoint notre déesse n'était qu'une petite fille à peine âgée de neuf ans… Je n'ai pas vraiment pu m'en remettre, voyez-vous. C'est chaque plus difficile à assumer, on ne cesse de se remettre en question après un événement pareil… La plupart des proches ne m'en veulent pas, j'ai toujours tout tenté pour aider les gens qui avaient besoin de mon aide. Mais c'est douloureux d'échouer.
Allez, assez de cela, je ne suis pas là pour me morfondre ! Que diriez-vous que je vous conte toute mon histoire ? Ce serait nettement plus agréable à entendre que les amers regrets d'un vieil imbécile comme moi, n'est-ce pas ?


L'histoire de votre personnage


La soirée se termine petit à petit, incitant les voyageurs à aller se rendormir. Néanmoins, les quelques retardataires ou grands curieux restant assis, écoutant avec attention les paroles du conteur. S'il ne se lance pas dans un récit plein d'héroïsme, de sacrifices et de gentes damoiselles, il en profite pour raconter son passé, comme il l'a promis plus tôt lors du regroupement autour du feu. Il termine d'accorder son luth, laissant échapper quelques notes, s'éclaircissant la voix avec l'aide de la gourde d'eau à son côté, puis commence.
Avant que je ne commence, je tiens à vous prévenir que je suis de ceux qui croient en l'existence d'une vie unique à chaque individu. Si mon histoire possédera toujours quelques similitudes avec celles de certains badauds, confrères prêtres, courageux miliciens ou autres bandits des grands chemins, elle n'en reste pas moins la preuve que ma vie, fusse-t-elle celle que l'on se raconte à mon sujet, ne fut qu'un enchevêtrement de choix et décisions contradictoires, dont les démêlés n'ont été causés que par un jeune rossignol imbécile préférant suivre son coeur plutôt que sa raison ou sa foi.
Mais cessons-la ce velouté de verbiage qui vire vraiment au verbeux, me voici venir vous tenir un tout autre langage, tel le goupil au corbac. Ouvrez toute grande vos oreilles, vous ne l'entendrez pas deux fois.

Je suis né en l'an 183. Pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'étudier correctement, c'est l'année où notre grand roi Orchal est monté sur le trône, après que son parent Darius ait rejoint Loïka. Qu'il repose en paix dans le giron de notre déesse, quoi qu'ait pu être la teneur de son règne. Pour tout vous dire, je n'ai pas eu de signes annonciateurs de grande destinée, ou même un signe sur le plumage qui laisse à penser que ma vie deviendrait ce qu'elle est aujourd'hui. En réalité, je suis né Eahlfrig mais suis devenu orphelin. Ma mère est morte en me mettant au monde tandis que mon père… Et bien, mon père, je ne l'ai jamais connu. Je n'en garde que ces bois sur le crâne, héritage physique qui me différencie cruellement de certains de mes pairs ailés. Mes grands-parents, et surtout mon grand-père, ne désirant pas d'un bâtard pour hériter du domaine, du titre et du prestige, m'envoyèrent dans un orphelinat. Ils ont eu la simple décence de ne pas me dépouiller du nom de ma défunte mère, dont je ne gardais pour seul héritage que le patronyme et l'apparence. Voyez-vous, Masym est mon nom, mais il est aussi le nom du « créateur » de la lignée des Eahlfrig. Je ne sais pas ce qui a pu lui passer par la tête à cet instant, si c'était pour se rebeller jusqu'à la fin de son père ou s'il s'agissait de me donner un nom qui ait un sens… Toujours est-il que, sens ou non, je suis venu au monde.

Non, non, ne me plaignez pas, ça n'en vaut pas la peine. Voyez où j'en suis arrivé, c'est plutôt pas mal. Reprenons. Ma vie, donc, a débuté assez mal et s'en est suivi une foule d'événements assez peu agréables. Mais pas pour autant condamnables. En fait, dans toute la noirceur qu'était mon enfance, je trouve tous les bons moments bien plus rayonnants, contrastant avec force sur cette toile noire de jais. L'orphelinat n'était pas un lieu où il faisait bon vivre sa jeunesse. Mais, entre plusieurs orphelins, nous nous serrions les coudes, espérant qu'un jour, une personne nous fasse l'honneur de nous adopter. C'était, en tout cas, le discours très encourageant mais également cynique de la détentrice du bâtiment. Les années passèrent. D'un oisillon tout juste sorti de l'oeuf, si je puis me permettre cette expression, je suis passé au jeune poussin se prenant le bec avec les autres afin de prouver qu'il en avait dans le ventre. J'ai eu mes premiers combats de rue à l'âge de neuf ans. Je m'en sortais pas si mal, mais j'écopais toujours d'un truc pas si bien que ça. Avec les combats venaient également les amourettes précédant l'adolescence. Et même pendant cette dernière période, il y en avait. Outre toutes ces activités très intéressantes (je ne m'épancherais pas non plus sur le contenu de mon activité auprès des jeunes orphelines, et orphelins, de Risua, pendant cette période), il nous fallait choisir quoi faire de notre vie. Et si beaucoup intégraient les rangs de la milice ou franchissaient définitivement la ligne du grand banditisme, d'autres devenaient artisans, prêtres, mages… Voire même finissaient esclaves, tellement misérables que l'asservissement devenait la seule issue valable. Les plus chanceux réussissaient à devenir des aventuriers. Et moi…

Eh bien moi, je fus la perle rare. Je ne savais pas particulièrement me battre, mais mon exceptionnelle prédisposition à la magie fit songer quelques prêtres de Kokta, passant par là. Signe du destin, simple coïncidence, heureux hasard, c'était la divinité pour laquelle j'avais le plus d'affinités. Les ailes mises de côté, je veux dire. Et voilà que, dès ma douzième année, je me retrouvais à suivre une voie que l'on avait d'ores et déjà tracée pour moi. L'ordre templier de Kokta servait principalement à défendre les lieux de culte et à venir en aide à la milice, quand il le fallait vraiment. Ces guerriers du temple faisaient surtout leurs armes dans la campagne et sur tout le continent, frappant au nom de la justice et de l'ordre. Somme toute, Kokta n'était pas la seule divinité du panthéon à posséder un ordre de guerriers. Tous les autres en avaient un. Seule la divinité honorée changeait, pas les méthodes des combattants. C'est, du moins, ce que je crois. Je ne suis pas certain de tout ce qu'il se passe et il m'est nécessaire de me tenir au fait de la véracité de mes assertions. On m'a appris, alors, le maniement de plusieurs armes. Et durant de nombreuses lunes, je n'ai pas cessé de m'entraîner, peinant comme jamais pour manipuler ce que l'on me présentait. Fauchon, rapière, espadon, main-gauche, hache, hallebarde… J'en ai vu beaucoup, de ces armes. Et la seule arme que je parvenais à utiliser sans trop de peine, c'était la lance. La simple lance, toute en bois, sa pointe en fer pour seule marque métallique. Le mieux, dans tout ça, c'est que cette lance-là ne m'a jamais quitté. Regardez donc, je l'ai posée ici.

Bien entendu, un guerrier du temple n'en viendrait pas à devenir un conteur itinérant comme ça, du jour au lendemain. En fait, c'est lors d'une première mission, en tant que simple apprenti – ou écuyer, c'est comme vous voulez – que j'ai pu constater que ça n'était pas la voie que je désirais suivre. Nous devions mettre à mal un petit repaire de brigands. Ce n'était pas très dangereux, cinq criminels à arrêter. Néanmoins, dans ma grande naïveté, même à cet âge-là, j'ai été obligé de tuer pour ne pas être tué. Une loi de la nature féroce et sans pitié, me direz-vous. Je ne pourrais qu'être d'accord, malgré l'aspect particulièrement dramatique de la chose. C'était la première fois que je devais mettre à mort quelqu'un. Pas la dernière, fort malheureusement. Mais, en tout cas, je m'étais juré de ne pas laisser ma foi me pousser à commettre ces crimes masqués par la loi. Même couvert par l'autorité royale, nous assassinions des gens, sans même nous questionner sur l'idée de leur confier une seconde chance. C'est une vision très naïve, oui, je vous concède volontiers ce point. Vision naïve mais autrement plus honorable que la souillure sur mes plumes. C'était un hérisson qui n'avait pas manqué de piquant. Et malheureusement pour lui, je maniais une arme avec une allonge plus grande que son simple coutelas bien aiguisé.

J'ai quitté l'ordre et je suis parti étudier à l'académie. Les prêtres de Kokta, après que je les ai convaincus, acceptèrent de m'y envoyer pour que je revienne, un jour, endosser un autre rôle que celui de guerrier saint. Par chance, je n'avais pas eu à briser de serment. Ma vie d'étudiant à l'académie s'était relativement bien déroulée. C'est là que j'y ai appris à jouer du luth, par ailleurs, me révélant assez doué avec cet instrument. Mes économies passèrent dans l'achat de ce bel objet qui, à présent, ne me quitte plus non plus. C'est durant cette période que j'ai appris à manipuler avec plus d'assiduité la magie qui me rendait si exceptionnel. Et tout naïf que pouvait être le rossignol que j'étais à cette époque, je ne pouvais avoir d'yeux que pour la magie du soin. Oui, dans le fond, je suis un ingénu. Pour en revenir au reste, j'ai aussi appris à canaliser ce don que j'avais dès ma naissance. J'avais cette faculté de prescience, pouvant trouver des éléments de l'avenir chez les autres, mais pas chez moi. Selon mon professeur, à l'époque, il me fallait un stimulus, quelque chose pour agir comme catalyseur. Mais après plusieurs semaines de recherches, il n'y eut aucun résultat. Je vous laisse imaginer la déception du professeur. Ce qu'il ne savait pas encore, c'était que le résultat advint de nombreuses années plus tard.

J'ai fini par clore mes études, ayant appris de nombreuses choses sur la magie du soin, sur la musique et la chanson. Et même concernant l'herboristerie, car c'était un sujet que j'avais à coeur d'étudier par simple curiosité. Autant vous dire que ça aura sauvé plus d'une vie.
Retournant voir les prêtres, j'avais bien grandi. Je venais d'atteindre ma vingtième année, ayant passé cinq ans à l'académie, et je me présentais enfin devant mes précepteurs religieux. Là, j'ai passé une année entière à suivre les enseignements de ces érudits, pour simplement en apprendre plus long sur l'histoire du royaume, sur les récits que l'on pouvait faire des précédents monarques, sur les préceptes de nos divinités. J'y ai, là aussi, beaucoup appris, mais l'académie m'avait aussi enseigné à faire la part des choses et à me construire ma propre opinion sur de telles questions. Si je croyais en Kokta, j'étais certain que je n'allais pas me jeter à corps perdu dans ces questions de foi.
Après ces douze mois passés sur un autre banc que celui académique, je pouvais enfin quitter le temple. Les prêtres me laissaient alors prendre le chemin qu'il me plaisait de prendre. Je restais toujours un membre du culte de Kokta, sans avoir été officiellement intronisé.

Dès ma vingt-et-unième année de vie, je débutais alors mes voyages. J'ai alors voyagé aussi loin que je le pouvais, sans trop me soucier du danger, suivant les groupes d'aventuriers pour être protégé de l'environnement hostile. Je servais de guide, de veilleur, de conteur et de médecin. Puis vint le moment où mon expérience me rendit plus sûr de moi. Je m'éloignais alors de plus en plus de Risua, parfois pour de longues semaines. Je faisais le tour des villages, des bourgs et des petits hameaux, prodiguant les premiers soins aux uns ou mes conseils aux autres. Les soirées, je les passais à chanter les récits de ces courageux héros qui bravaient les forêts, les marécages et les monts de Cerith. C'est durant cette époque que j'ai rencontré une magicienne particulièrement reconnue, soignant elle aussi les gens. Sä Simba, se nommait-elle. Et bien que je ne pouvais qu'être instinctivement intimidé par une louve, je la sentais plus proche de moi que quiconque. Et très certainement parce que nous partagions alors les mêmes idéaux. Je mêlais une partie de mes voyages aux siens, appréciant la compagnie de cette personne, jusqu'à ce que les circonstances viennent à vaincre. Mais je ne désespérais pas de me battre pour ma cause, même si elle était méconnue de tous. Bien plus tard, c'est un hybride que je rencontrais. Ce dernier me raconta alors les aventures d'un Renardeau combattant la vilenie et la tyrannie. Mais dans cette histoire aussi, les circonstances ont vaincues. Je me suis lié d'amitié avec ce jeune Dasan qui, sous cette carapace de glace se trouvait un brasier si flamboyant et si bien entretenu qu'il était impossible qu'il le soit de par sa simple existence. Lui aussi, une cause lui tenait à coeur, il était aisé de le sentir pour moi. Mais il ne m'en a jamais parlé.

À vingt-six ans, je me suis épris d'une si magnifique geai qu'il m'était alors difficile de ne pas songer à elle. Les choses se sont passées comme j'aurais pu l'espérer, si ce n'est que ce fut dans le désordre. J'apprenais quelques jours suivant notre rencontre qu'elle était une esclave. Vous savez, c'est difficile pour un voyageur comme moi d'obtenir un pécule. Si j'avais alors pu l'acheter puis l'affranchir, je l'aurais sans doute fait sans hésiter.
J'aurais dû.

Bien des années après, retournant par pur hasard sur les lieux où je l'avais rencontré, elle n'était plus là. À force de poser des questions, j'obtins les réponses à ces dernières. Elle avait été achetée par un citoyen lambda de Risua. Et selon les dernières informations qui étaient parvenues à celui qui l'avait vendue, elle avait mis au monde une petite fille. Je peux vous laisser imaginer ce qui a pu me passer par la tête à ce moment, mais je suis encore sûr et certain d'être le père de cette petite. Beaucoup de choses concordaient, tant par les dates que par l'apparence de l'enfant à sa venue au monde. Qui plus est, on ne connaissait pas l'identité du père, même la mère préférant taire le nom de ce dernier. Encore aujourd'hui, je les cherche, mère et fille, sans réussir à les trouver. Peut-être est-ce là une sorte de… sanction ou de châtiment pour mes écarts. Je ne sais pas vraiment à quoi m'en tenir. Les réponses me manquent.

Depuis lors, je voyage toujours, je vais là où le vent sait me porter, là où l'appel du large me fait le plus grand effet, là où l'on a besoin de moi et de mes quelques talents. Chanter, soigner, raconter, épauler… Tout simplement, aider. On me donne quelques cerithis, pour mes services. Et quand mes refus ne sont pas suffisamment forts face à la volonté d'un honnête homme, je distribue l'argent aux orphelins, ayant déjà partagé leur sort et ne leur souhaitant pas de vivre une vie misérable. Si les esclaves sont le pilier de notre royaume, il n'est pas pour autant déraisonnable de croire à l'affranchissement de ces derniers. Nous sommes tous, en un sens, esclaves. Tous asservis pour des raisons diverses et pas des choses différentes. L'un asservi par son credo, son code d'honneur, qui lui impose un mode de vie précis. L'autre asservi par sa colère, sa haine et son désir de vengeance. On ne peut pas être libre sans être au préalable esclave, c'est ce dont je me suis rendu compte durant mes pérégrinations de par le royaume.

Mais je m'égare grandement de la narration. Oublions donc ces pensées quelque peu révolutionnaires et songeons à nous reposer. Nous avons une longue route jusqu'au bourg prochain, et Risua ne se trouve encore qu'à plusieurs jours de marche. D'autant que, si vous souhaitez continuer de marcher sur le rythme d'une histoire, ma voix nécessite du repos. Vous n'êtes pas le premier groupe d'aventuriers qui reçoit mon intervention et vous n'êtes très certainement pas le dernier. Quand nous serons à Risua, en revanche, je quitterai le groupe.

 
CODAGE PAR DITA | EPICODE


Dernière édition par Masym Eahlfrig le Dim 22 Mai - 14:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Masym Eahlfrig - Médecin de campagne, conteur itinérant, prêtre en vadrouille   Sam 21 Mai - 17:17

Et voilà, j'en ai fini avec la fiche !
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MessageSujet: Re: Masym Eahlfrig - Médecin de campagne, conteur itinérant, prêtre en vadrouille   Sam 21 Mai - 17:28

Bon, je n'ai rien a dire, je te valide ^^
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MessageSujet: Re: Masym Eahlfrig - Médecin de campagne, conteur itinérant, prêtre en vadrouille   Mer 25 Mai - 11:06

Bonjour, tout d'abord excuse-nous le temps que l'on a mis pour la seconde lecture.

Surtout qu'il n'y a rien à redire ! Je te donne ta couleur et tes Cerithis sur le champ !
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MessageSujet: Re: Masym Eahlfrig - Médecin de campagne, conteur itinérant, prêtre en vadrouille   

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Masym Eahlfrig - Médecin de campagne, conteur itinérant, prêtre en vadrouille
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