Le royaume de Cerith
Bonjour à toi !

Nous sommes ravis que tu parcours nos terres, cependant nous devons te rappeler que l'accès au royaume est interdit aux mineurs.
Si tu veux t'inscrire, tu dois donc avoir 18 ans !

En te souhaitant une excellente journée !

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 Event du 21 au 24 février 2016 : L'Haï-vey

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Van Agnir

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MessageSujet: Event du 21 au 24 février 2016 : L'Haï-vey   Dim 21 Fév - 13:53

Festival du Cornu
L

Vous vous rapprochez de la fin ! Et si nous célébrions ceci ? Ou peut-être revivre une précédente célébration ? Celle d’une étape très importante et symbolique pour le forum ?






Event du 21 au 24 février 2016

Haï, le dieu requin, est le plus mystérieux de Cerith. Il règne à la fois sur tout ce qui est aquatique, et sur toutes les connaissances, que ce soit l'histoire, les techniques, ou les secrets.
Les Cerithiens ont l'occasion de lui rendre hommage vers la fin février, lors de l'Haï-vey. Fêtée le 24 février, il s'agit d'une veillée que l'on prépare soigneusement, rassemblant les familles, les amis, les voisins, même les passants, et que l'on poursuit loin dans la nuit. On y boit généralement des thés revigorants, parfois avec un peu d'alcool, et il est traditionnel de raconter plein d'histoires et de contes.

Afin de fêter cela, le staff vous propose un petit concours !

A chacun d'inventer un conte ou une légende, qui se déroule dans l'univers de Cerith, il y a "très longtemps". Une seule condition : il y a un thème imposé. En effet, l'un des personnages principaux doit être un marin !

Vous avez jusqu’au 24 février au soir, à minuit, pour poster votre conte à la suite de ce message. Le classement sera révélé dans les jours qui suivront.

Le gagnant recevra 30 Cerithis, ainsi qu'un badge à ajouter à sa signature (pour frimer).



(P.S. : prière de ne pas flooder ce message, et de le réserver aux participations. En cas de demande d'informations supplémentaires, demandez au staff ! )

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Dernière édition par Van Agnir le Mer 17 Aoû - 23:16, édité 1 fois
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Ayumi Blaz

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MessageSujet: Re: Event du 21 au 24 février 2016 : L'Haï-vey   Mar 23 Fév - 21:56

La Légende de la Ville d'Olympe



Voici l'histoire du Roi Gradlon et de la ville d'Ys. Le Roi Gradlon habitait sur les côtes de Jhess au Royaume de Cerith. Il possédait une flotte de nombreux bateaux qu'il aimait opposer à ses ennemis, souvent dans des pays lointains ou il faisait très froid. Il était excellent marin et stratège et gagnait souvent ses combats, pillant alors les navires ennemis et remplissant ainsi ses coffres d'or et de trophées.

Un jour ses marins, fatigués de se battre dans ces pays froids, se rebellèrent, refusant de monter à l'assaut d'un château-fort qui leur était pourtant promis. Beaucoup d'entre eux étaient morts durant l'hiver. Ils décidèrent de regagner leurs navires et de mettre le cap vers leur terre, la Bretagne, pour y retrouver femmes et enfants et y vivre au calme. Le Roi Gradlon les laissa partir et se retrouva seul, dans une nuit froide. Il était vaincu par ses propres hommes et, après l'exaltation des combats et des victoires, connaissait maintenant une profonde tristesse.

Tout à coup le roi sentit une présence autour de lui. Il leva la tête et aperçut, blanche dans le clair de lune et vêtue d'une cuirasse ruisselant de la lumière de l'astre, une femme aux longs cheveux roux. C'était Malgven, la Reine du Nord, souveraine boréale régnant sans partage sur les pays froids.

Elle dit au Roi Gradlon: "Je te connais, tu es courageux et adroit au combat. Mon mari est vieux, son épée est rouillée. Toi et moi allons le tuer. Ensuite, tu m'emmèneras dans ton pays de Cerith."

Ils tuèrent le vieux roi du Nord, remplirent un coffre d'or et, comme Gradlon n'avait plus de bateau, enfourchèrent Morvarc'h, le cheval magique de Malgven. Morvarc'h veut dire "cheval de mer", il était noir comme la nuit et soufflait du feu par ses naseaux. Le cheval galopait sur la crête des vagues et ils rejoignirent vite les bateaux du roi qui avaient pris la fuite et regagnaient le royaume de Cerith. Une violente tempête et un orage éclata alors, éparpillant les bateaux sur l'océan.

Gradlon et Malgven restèrent une année entière sur la mer. Un jour, sur un bateau, Malgven donna naissance à un enfant, une fille qu'ils appelèrent Dahut. Hélas, la reine resta malade et mourut. Le Roi Gradlon et sa fille Dahut rentrèrent au royaume de Cerith. Mais le roi était si triste qu'il ne sortait plus jamais de son château. Dahut grandissait, elle était très belle, comme sa mère Malgven. Le Roi Gradlon aimait jouer avec les boucles de ses longs cheveux blonds. Dahut aimait beaucoup la mer. Un jour elle demanda à son père qu'il lui construise une ville, une ville au bord de la mer.

Gradlon adorait sa fille et accepta. Plusieurs milliers d'ouvriers furent mis au travail et construisirent une ville qui semblait sortir de la mer. Pour la défendre des hautes vagues et des tempêtes, il fut construit une très haute digue encerclant la ville, avec une unique porte de bronze qui y donnait accès. Le Roi Gradlon seul en possédait la clé. On l'appela ville d'Olympe.

Les pêcheurs, chaque soir, voyaient sur la plage une femme qui chantait très fort, peignant ses longs cheveux blonds. C'était la princesse Dahut.

Elle disait "Océan, bel Océan bleu, roule moi sur le sable, je suis ta fiancée, Océan, bel Océan bleu. Je suis née sur la mer, dans les vagues et l'écume, quand j'étais enfant je jouais avec toi. Océan, bel Océan bleu, roule moi sur le sable, je suis ta fiancée, Océan, bel Océan bleu. Océan, toi qui retourne comme tu le veux bateaux et hommes, donne moi les navires somptueux des naufrages et leurs richesses, or et trésors. Fais venir dans ma ville de beaux marins que je pourrai regarder. Ne sois pas jaloux, je te les rendrai l'un après l'autre. Océan, bel Océan bleu, roule moi sur le sable, je suis ta fiancée, Océan, bel Océan bleu."

La ville d'Olympe devint alors un endroit ou l'on s'amusait, la ville s'emplit de marins. Chaque jour voyait de nouveaux festins, des jeux, des danses.

Chaque jour, la princesse Dahut avait un nouveau fiancé. Le soir, elle lui mettait un masque noir sur le visage, il restait avec elle jusqu'au matin. Dès que le chant de l'alouette se faisait entendre, le masque se resserrait sur la gorge du jeune homme et étouffait le fiance de la nuit. Un cavalier prenait alors le corps sur son cheval pour aller le jeter dans l'Océan, au delà de la baie de Trépassés. Ainsi, tous les fiances de Dahut mouraient au matin et étaient jetés à la mer.

Un jour de printemps, un chevalier étrange arriva dans la ville d'Olympe. Il était habille de rouge, ses mains étaient longues et fines, ses ongles pointus et recourbés. Dahut lui sourit, le chevalier ne la regarda pas. Un soir cependant, il accepta de venir auprès d'elle. Il passa longuement ses longues mains aux ongles pointus dans les beaux cheveux blonds de la princesse. Soudain, un grand bruit s'éleva de la cote de la mer et un terrible coup de vent heurta les murailles de la ville d'Olympe.

"Que la tempête rugisse, les portes de la ville sont solides et c'est le Roi Gradlon, mon père, qui en possède l'unique clé, attachée a son cou", dit Dahut.

"Ton père le roi dort, tu peux maintenant t'emparer facilement de cette clé", répliqua le chevalier.

La princesse Dahut entra dans la chambre de son père, s'approcha doucement de lui et prit la clé, attachée à une chaine autour de son cou. Aussitôt, une énorme vague, plus haute qu'une montagne, s'écroula sur Dahut.

Son père se réveilla et elle lui dit: "Père, vite, prenons le cheval Morvarc'h, la mer a renversé les digues".

Le roi prit sa fille sur le cheval, la mer était déchainée. Le cheval se cabrait sur l'eau qui montait à gros bouillons. Dahut se serrait contre son père et lui dit: "Sauvez-moi, mon père!"

Il y eut alors un grand éclair dans la tempête et on entendit une voix qui allait de rocher en rocher et disait "Gradlon, lâche la princesse".

Une forme pale comme un cadavre apparut, enveloppée dans un grand vêtement brun. C'était le dieu Haï, qui dit à la princesse: "Malheur à toi, tu as voulu voler la clé de la ville d'Olympe!"

Dahut répondait: "Sauvez-moi, emportez-moi au bout du monde!"

Mais le cheval Morvarc'h ne bougeait plus et les eaux en furie gagnaient sur eux.

Le dieu Haï répéta son ordre à Gradlon "Lâche la princesse!", les vagues énormes étaient à leurs pieds. Dahut glissa à terre et le Roi Gradlon, furieux, poussa sa fille dans la mer. Les vagues se refermèrent sur la princesse. La mer engloutit alors la ville d'Olympe, dont tous les habitants périrent noyés.

Le cheval du roi repartit, bondissant sur les plages puis au travers des prés et des collines, galopant toute la nuit. Gradlon arriva enfin dans une ville, Albina. Il décida d'en faire sa capitale et y vécut le restant de ses jours. A sa mort, on sculpta sa statue dans du granit. Elle représente le Roi Gradlon, a cheval, regardant en direction de la ville disparue. Cette statue est aujourd'hui disparue ainsi que la ville où elle était.

Certains racontent que Dahut, après sa mort, devint une sirène et qu'elle apparait aux pêcheurs les soirs de lune, peignant sa longue chevelure d'or. Ils disent aussi que par temps très calme on peut entendre sonner les cloches de la cité disparue.

La légende rapporte que la ville d'Olympe s'élevait dans le golf de Foxfield. Le lieu-dit Courtdale, quelques kilomètres à l'est de la ville de Foxfield.

On dit aussi que la ville d'Olympe était la plus belle capitale du monde et qu’un jour, d’après un très ancien chant marin, elle va ressurgir lorsque les flots engloutiront Foxfield.
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Kad Sahar

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MessageSujet: Re: Event du 21 au 24 février 2016 : L'Haï-vey   Mer 24 Fév - 20:41

Kad posa sa tasse de thé qu’il sirotait malgré la chaleur du breuvage. Il avait apprécié la première histoire qui avait été contée et décida qu’il pouvait bien partager la sienne, afin de faire honneur au dieu du savoir et des mers. Il rejoint alors l’estrade, se racla la gorge en observant timidement son public, avant de prendre la parole, commençant son récit par un petit préambule.

L’histoire que je vais vous conter ce soir est une de celle qui m’a le plus marqué, étant enfant. Mon père aimait à me raconter de petits récits à mon chevet, pour m’aider à m’endormir. Je m’en souviens encore très bien, puisque mon père avait posé non loin sa lampe à huile, dont les flammes agitaient les ombres de la pièce, donnant un air sauvage à la nuit. Et c’était surtout la première histoire d’horreur qu’il m’apprit.
Les faits qui se sont déroulés remontent à longtemps, lorsque Risua était jeune et n’avait pas connu la guerre depuis sa fondation. C’était une période d’espoir et d’ambition, et c’était ce que ressentait également Jago, à l’approche de la Perle de l’Ouest, Oaksig.

Le furry quittait pour la première fois la Capitale, profitant de l’expansion coloniale pour faire fortune là où ses talents seraient bienvenus. C’est pourquoi, ayant le pied marin, il se fit embaucher dans l’une des grandes nefs qui longeaient les côtes de Cerith jusqu’à rejoindre la ville nouvelle.

Le voyage avait duré quelques jours malgré les vents favorables, mais les voilà enfin à proximité de leur destination, annoncée par la vigie qui hurla « Port en vue ! ». Des éclats de joie se firent alors entendre sur le pont, car si les côtes du monde étaient plus sures que l’intérieur des terres, la mer faisait partie de ces grands mystères menaçants et chaque fois que l’on jetait son regard vers les étendues infinies océaniques, il venait l’envie de prier Haï pour s’assurer sa bienveillance.
Pour Jago, cette annonce lui rappelait qu’il n’était plus le temps de rêvasser et de tenir son post, afin d’accomplir une manœuvre parfaite au navire, sa place au priori insignifiante, mais qui couplée à l’effort mutuel permettait au navire d’arriver à destination sans le moindre pépin.

Le jeune garçon finit par débarquer, bien après les colons et après avoir évidemment reçu sa maigre paie. Observant le paysage qui se dressait devant lui, le marin de fortune se laissa subjuguer par la vision qui lui était offerte, comprenant le surnom d’Oaksig, qui était loin d’être usurpé. S’oubliant dans une longue contemplation, Jago appréciait la vision du fleuve paresseux qui se jetait dans l’océan, large, et dont les bancs de sable se couvraient de luzules, de roseaux ou d’iris. Suivant du regard sa course sinueuse, il pouvait apercevoir au loin les nombreux toits de la ville en devenir.
Prenant alors ses lourdes et encombrantes affaires, mais cependant trop maigre à son goût pour se faire une nouvelle vie, Jago se dirigea sur le sentier de fortune, creusé par le passage fréquent des colons, avant de finalement arriver aux lieux en question. Plus que d’une ville, il s’agissait surtout d’un village, étant donné le faible nombre de bâtiments, et plus encore d’un chantier, par la présence du double de plate-forme en construction. Car Oaksig était originale et exotique, dans le sens où ses pieds baignaient sur les rives d’un gigantesque lac, sous forme de pilotis plantés profondément dans la vase de cette étendue d’eau cristalline ou se reflétait le ciel d’un bel après-midi ensoleillé.

Déjà à Risua, il avait entendu de nombreuses histoires sur ce lac, dont la beauté et la sérénité qu’il inspirait aux gens leur avait fait penser qu’il pourrait s’agir de l’une des demeures du dieu aquatique. Mais ce n’était pas les légendes et les promesses de trésors légendaires qui avaient attiré Jargo ici, laissant derrière lui famille et amis. Jago était surtout un pêcheur et la présence d’un lac inexploré était surtout la promesse d’une manne abondante. Et puis, le besoin de la ville en main d’œuvre avait rendu sa politique particulièrement favorable aux arrivants, leur promettant foyer et travail, alors que la Capitale ne parvenait plus à nourrir tout le monde.

Le reste de la journée de Jago se déroula sans accro bien qu’elle fut chargée. Se rendant au bâtiment le plus important, le bureau du Conseiller Ferret Berlois. S’inscrivant au registre par l’intermédiaire d’un scribe, il accomplit ses premières obligations et reçut les clefs de sa nouvelle demeure ainsi qu’un chaland rudimentaire pour son métier. Sitôt fait, il s’y rendit alors, évoluant le long des terrasses boisées. Celles-ci étaient reliées entre elles par des petits pontons, afin de garder les pattes au sec. Arrivé à sa petite cabane, il y déposa alors ses affaires et organisa sa prochaine de journée, déjà dédiée au labeur.

Sa journée n’était cependant pas terminée, bien que le soleil poursuivît sa lente descente jusqu’à ce que les ombres s’allonge et qu’une douce pénombre enveloppe la ville, annoncée par un étrange et lugubre cri que la distance et les arbres ceinturant le rivage du lac étouffaient. Jago fermant sa porte prestement derrière lui et pressant un peu le pas, le garçon se rendit alors à l’édifice le plus bruyant et animé des environs, afin de s’imprégner de l’ambiance locale.

La taverne était l’un des premiers projets accomplis, parmi d’autre comme une chapelle en l’honneur des Cinq ou le bureau administratif. Elle assurait la cohésion sociale, permettant aux Oaksigiens de se détendre et de partager leur histoire.
C’est ainsi que le pêcheur s’abreuvait d’alcool et des anecdotes des habitués, écoutant distraitement les ragots envers tel ou tel personnage, jusqu’à ce que le sujet dévie sur le lac, attirant son attention et lui faisant ouvrir bien grande ses esgourdes.
L’interlocuteur était un homme d’âge incertain, mais toucher d’une toux rauque qui ponctuait chacune de ses phrases. Sa voix était profonde et cassée, lui donnant l’air d’un homme usé par l’âge et la maladie alors que son corps semblait encore robuste et apte au travail manuel.

Attablé avec un groupe de poivrot, il narrait sa dernière mésaventure. Certains de ses camarades buvaient tout ce qu’il leur racontait, tandis que d’autres levaient les yeux au plafond, attribuant ses derniers délires à la quantité d’alcool ingérée.
Celui-ci racontait à qui voulait bien l’entendre, qu’il se cachait un monstre gigantesque au milieu du lac. Sa journée de pêche avait visiblement été mauvaise, et il avait alors décidé d’étendre sa session de pêche, jusqu’à ce que le ciel s’obscurcisse. Ayant besoin de la lumière pour se repérer jusqu’à la ville, il fit demi-tour avec sa barque, quand quelque chose heurta violemment l’embarcation, manquant de le faire chavirer, mais le précipitant tout de même dans l’eau. Effrayé et surpris, il se débattit et ouvrit les yeux de terreur dans l’eau. Mais autour de lui, il n’y avait rien. Pas de récifs, de souches ou d’autres obstacles qui auraient pu emboutir son bac. Effrayé, il remonta alors avec difficulté sur son bateau.

Entrainé par son récit, le pauvre hère semblait terrifié, assurant qu’après être remonté sur son chaland de fortune, une colossale tâche d’ombre glissa sous son bateau et s’évapora sans un bruit. Mais ce qui l’effraya le plus était qu’il avait entendu quelque chose alors qu’il avait lutté sous l’eau. Non pas le bruit de l’eau qu’il brassait ni celui d’un prédateur, mais une voix glaciale et parfaitement audible. « Profite bien de ton souffle, car il s’achèvera au troisième chant du Sanyeu. »
Jago frissonna alors, en espérant que le type avait abusé de la boisson, comme le pensait les autres. Trouvant cette histoire de mauvais goût, il décida de finir sa soirée chez lui.

Le lendemain, le pêcheur prépara son bateau et s’éloigna de la côte, observant la belle Oaksig s’éloigner. Il y avait une légère brume, alors il manœuvrait prudemment, surtout qu’il ne connaissait pas du tout l’immense lac. Le garçon avait encore en tête les paroles de l’ivrogne, qu’une nuit de sommeil n’avait pas réussi à chasser. Alors, il décida de ne pas trop s’éloigner et de pêcher dans non loin des rives.

Cependant, les prises n’étaient pas bonnes. A chaque fois remontait-il son filet qu’il remontant de maigres alevins. Bref, rien de très fameux. Alors, en fin de matinée, la brume se levant peu à peu, Jago décida d’attribuer les racontars de l’autre pêcheur aux vapeurs d’alcool de son breuvage, et s’éloigna encore un des rives.

Et là, ce fut l’abondance. A peine ses filets furent déployés qu’il dut les remonter, plein à craquer de d’anguilles qui se débattaient comme un panier de serpent. Heureux, le pêcheur recommença alors deux fois, et remonta à chaque fois une quantité incroyable de poissons. Bien vite, son navire fut bien trop chargé pour continuer ainsi et il reprit la direction de la ville, satisfait d’avoir déjà fini sa journée grâce à cette pêche miraculeuse. Il se surprit même à exprimer son enthousiasme d’une petite chansonnette, qu’il répéta inlassablement. Cependant, ce n’est qu’en amarrant sa barque qu’il se rendit compte qu’il ne connaissait pas les paroles de cette chanson. Et surtout, il se rendit compte avec effroi de la teneur des paroles. « Trois décennies, trois fléaux, trois ligues. Bientôt le Lac disparaîtra, et trois fois pourrira Oaksig. » Loin d’une chanson, ce qui lui avait paru plein d’entrain et de bonheur lui parut distordu et effroyablement inquiétant.

Mettant alors cela sur le compte de la fatigue, Jago essaya d’oublier cette chanson, et décida finalement de se calmer en faisant un détour par la taverne. A midi, il était courant de voir du monde ici, car le tenancier offrait à un tarif intéressant une tambouille qui calait bien l’estomac. Il régnait évidemment une odeur de poisson, cuisiné dans une sorte de soupe qui n’était pas désagréable à renifler.

Jago appela la serveuse, afin de commander un peu de ce repas, avant de se laisser émerger par le regard profond et envoûtant de la demoiselle, balbutiant alors ce dont il voulait. Ce n’était qu’après avoir fini de dévorer son repas, et les courbes féminines de la charmante servante, qu’il finit par l’accoster de lui proposer un rendez-vous galant dans la soirée, s’attendant à se faire toutefois rejeter. Ce fut alors avec surprise qu’il la vit rire et accepter finalement, en lui proposant de passer plus tard, quand elle aura fini son service.

Le pêcheur avait décidé de sortir le grand jeu. Posant sa barque prêt de la taverne, il attendit la serveuse à l’extérieur. Après tout, il n’avait pas envie d’entendre à nouveau les histoires effrayantes de l’ivrogne de la veille. L’air était frais, mais il n’eut pas à attendre bien longtemps sa dulcinée qu’il accompagna jusqu’à l’embarcation, afin de lui offrir un petit tour romantique en cette soirée.

Après tout, qu’y avait-il de plus charmant qu’une virée dans les eaux limpides du lac, entouré par les énigmatiques mais superbes Méduses du Soir ? Celles-ci volaient paresseusement, sortant peut-être du lac ou bien s’égarant un peu trop loin de l’estuaire à proximité, éclairant comme de jolies lanternes la surface du Lac. Bien vite, Jago s’approcha d’un petit groupe de méduse, les suivant afin de permettre à l’élue de son cœur de les voir de plus prêt et d’essayer de les toucher. Et son manège fonctionnait à la perfection, puisque la voilà qui s’émerveillait du spectacle, ses yeux humidifiés par l’émotion.

Elle fit alors mine d’ouvrir la bouche, sans doute pour le remercier de ce petit tour, mais Jago sentit son cœur se glacer. Car à la place de sa voix chantante, la femme s’exprima d’une voix terriblement monotone.

« Trois décennies, trois fléaux, trois ligues. Bientôt le Lac disparaîtra, et trois fois pourrira Oaksig. »

Il la prit alors par les épaules pour la secouer, mais la ritournelle reprit, avec sa propre voix, à présent que la serveuse avait masqué son museau de ses mains. De panique, le pêcheur se saisit de ses rames et fit tourner son bateau afin de retourner vers la ville, mais choc ébranla l’embarcation et les deux tourtereaux rencontrèrent les eaux glaciales du Lac.

Alarmé, Jago chercha autour de lui, se sentant terriblement entouré par les ténèbres, à la recherche de sa passagère. Remontant à la surface, il ne la vit point, alors il plongea à nouveau, s’enfonçant le plus loin possible, jusqu’à apercevoir le fond vaseux du Lac. Mais encore une fois, nulle présence de la serveuse. Il replongea alors une ultime fois, poussant à ses dernières limites son endurance et parvint à atteindre le fond.

Mais ce qu’il vit fit vaciller les fondements de sa raison. Un œil gigantesque surgir de la vase et le scruter, aussi large que son corps. La ritournelle tournait dans sa tête, lui collant une migraine terrible alors qu’il commençait à suffoquer, avant de remonter à la surface. Mais la demoiselle avait disparue et ne répondait pas à ses appels.

Jago tomba terriblement malade et il n’échappa que de peu à la mort, après trois jours d’intenses fièvres. La mort dans l’âme, le pêcheur sortit de chez lui, se promettant de ne plus jamais aller sur le Lac de Stradiae une fois le soleil couché. Des ivrognes, il avait appris le décès du poivrot peu de temps après sa mésaventure, mort de peur après avoir visiblement aperçu quelque chose dans le ciel. Quant à la serveuse, personne n’avait eu de nouvelles et n’était jamais revenue travailler. Ce n’est qu’en sortant de l’édifice qu’il entendit une voix féminine familière. Contournant le bâtiment à toute vitesse, il finit par tomber sur une silhouette isolée dans les ténèbres murmurant dans un souffle.

« Deux siècles, deux cités. Bénaria coupée en deux, Risua éviscérée. »

On retrouva Jago deux jours plus tard, recroquevillé dans sa maison. Hormis un journal personnel, on ne retira rien de plus de lui. Le pauvre avait perdu la raison. Il disparut ensuite une année plus tard, et les derniers à l’avoir aperçu disent qu’il radotait quelque chose, comptant « trois ligues, deux villes, une île. », sans logique apparente.


Kad salua alors l’assemblée et retourna s’assoir timidement à sa table. Son thé était à présent glacé.


Dernière édition par Kad Sahar le Mar 1 Mar - 11:52, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Event du 21 au 24 février 2016 : L'Haï-vey   Mer 24 Fév - 22:28

Le vieil homme que je suis actuellement n'a plus aucune force pour mener une aussi belle aventure, que j'ai pu vivre avec mon meilleurs ami. Le seul passe temps que je pouvais me permettre était de raconter la légende, de deux jeunes hommes vaillants et fougueux, qui avaient réussi à accomplir un objectif titanesque. Vous allez me dire que tout ceci n'est que plus commun n'est ce pas ? Et si je vous dit que je suis l'un des deux protagonistes, votre avis va-t'il changer ? Vous êtes têtu à ce que je vois, ça tombe bien vu que je le suis également, maintenant passons à notre sujet principal, notre histoire...

La légende que je vais vous conter, s'appelle "Les deux gardiens". Ce nom est dû à ce merveilleux acte héroïque, qu'ils ont accomplis et sont désormais vénéré de tous, mais je m'égare encore une fois vu que vous ne savez pas toutes les coutures de cette magnifique étoffe qu'est cette légende !

J'ai grandis dans le village maritime de Rochenoire, connu pour ses pêcheurs expérimentés et son magnifique paysage terrestre avec ses flans rocheux qui bordait l'océan. Mon prénom est Edgar Lidenn, et celui de mon ami de toujours est Louis Manceau, nous étions tous les deux fils d'une figure majeure de Rochenoire. Louis était le fils du plus grand marin-pêcheur du village, tandis que moi j'étais le fils du chef de la garde et également petit-fils du maire.

Nous avions donc une réputation à ne pas tâcher, et donc notre comportement était des plus respectable en tentant tant bien que mal à réussir à prendre la relève, de nos pères. Que ce soit quelques petites bêtises et autres délires d'enfants, nous étions très respecté dans le village, et nos paternels étaient très fier de nous.

Plus les années passèrent et plus les monstres se faisaient nombreux que ce soit sur terre comme en mer. Nos pères étaient désormais légèrement trop âgé pour maintenir quelque chose de bien et à nos vingt-cinq ans, ils avaient décidé qu'on prenne la relève dans leurs affaires. Louis était devenu un marin-pêcheur très robuste et sachant se battre en plus d'être un excellent travailleur dans le domaine ! Moi Edgard, j'étais connu comme étant un chef assez droit, mais très respecté pour mon habileté au combat avec mon épée et mon bouclier fétiche.

Cependant une nouvelle assez rude pour notre village s'est fait entendre par tous, les deux côtés terrestre et maritime étaient, tous les deux en danger, selon des éclaireurs que nous avions envoyé pour savoir d'où venait ces vagues récurrente de monstres. Ces deux énormes créatures était les suivantes, pour le côté marin c'était un gigantesque Léviathan doté d'une couleurs unique semblable aux abysses et pour la partie terrestre, c'était un gigantesque Dragon rouge qui semblait venir tout droit d'un volcan en activité.

Une réunion d'urgence s'était tenu, à la mairie du village et nous avions décidé que les chefs des parties respectif devait se sacrifier pour battre coûte que coûte, ces deux créatures qui menaçaient grandement. Enfin, c'était seulement Louis et moi-même qui avons voulu choisir cette solution, les autres figures importantes ne le souhaitaient pas du tout. Après une préparation minutieuse, nous étions parti chacun de notre côté pour tenter de vaincre ces deux créatures légendaires.

Avant de partir se battre tous les deux, nous nous étions enlacé amicalement tout en se glissant chacun une phrase dans l'oreille de l'autre.

"Que ce foutu dragon tâte de ta lame divine, mon frère !"

"Montre lui, que tu n'est pas n'importe qui, frérot !"

En effet, ce lien d'amitié était tellement fort qu'on se considérait comme de vrai frères. Et c'est ainsi, que nous sommes parti l'un comme l'autre de notre côté pour affronter ces deux titanesques monstres. Les seules informations que nous avions était la distance qui nous séparait des monstres, le monstre de Louis était le plus proche. Tandis que le Dragon rouge était beaucoup plus enfouis dans les terres, ce qui allait me fatiguer d'avantage et je ne vous cache pas, que tout ceci y a joué contre ce foutu monstre.

Il m'a fallu cinq jours de marche, pour arriver à destination et ainsi pouvoir être face à face, avec mon adversaire. Cet énorme dragon rouge, me crachait des flammes tellement chaude que je pouvais à peine les bloquer avec mon bouclier et je me devais d'esquiver toutes ses attaques en majeure partie. Sauf que tout ceci, me demandait énormément d'endurance et il me fallait trouver le point faible de ce monstres aux écailles si résistantes. Mon épée ne pouvait rien face à ce monstre, ni même ma force physique connu de tous et c'est pourquoi, j'ai décidé d'observer pleinement le dragon rouge.

Plusieurs minutes plus tard, mon regard fut attiré par un endroit plus sombre sur l'armure d'écaille de mon adversaire et finalement, c'était un endroit où il avait perdu auparavant une écaille. Cette unique chance était très risquée, vu qu'elle était situé dans le cou du monstre, un endroit très difficile d'accès à cause des mouvements vigoureux du monstre. Je ne pouvais malheureusement pas me défiler, tant de personnes comptait sur moi pour terrasser cette bête maléfique et je me devait de la pourfendre.

C'est alors que j'ai empoigné mon courage à deux mains, en m'élançant vers le monstre avec toute ma force restant et après quelques esquives risquées et des actions plus que folles, j'avais atteint le cou de ce monstre terrifiant. J'ai alors lancé mon bouclier au sol pour pouvoir prendre mon épée à deux et ainsi pouvoir lui assener, le fameux coups fatal qui avait déjà écrit une partie de la légende.

Le monstre était bel et bien mort, il gisait au sol tout en dégageant une chaleur tellement insupportable que j'en avait ôté mon armure après la fin du combat. Et finalement de fatigue, je me suis écroulé au sol sans même m'en rendre compte. Plusieurs jours sont passés et j'avais enfin réussi à ouvrir les yeux, plusieurs personnes étaient présente autours de moi, ils s'étaient exprimé de la sorte en me voyant réveillé !

"Le héros qui a vaincu le dragon rouge, s'est enfin réveillé !"

Le héros.... Je détestait ce surnom, n'aimant pas les louages solitaires, vu que ce résultat est dû à tout le monde ! Il m'aurait fallu plusieurs jours de récupération, pour pouvoir réussir à me lever et pouvoir enfin me dégourdir les jambes. J'avais quitté l'hôpital du village, pour partir vers le port puisque j'avais entendu un brouhaha qui venait de là-bas et stupéfaction, le navire de Louis était présent, mais dans un fichu état. C'est alors que je me suis mis à courir vers le bateau de mon ami, pour voir s'il était présent sur celui-ci et heureusement il était présent, mais... malheureusement lui aussi était dans un mauvais état et encore conscient qu'il avait réussi à m'appeler.

"Edgard viens par ici, j'ai quelque chose à te dire !"

Je me suis approché à toute allure vers son corps en piteux état et j'ai approché mon oreille le plus proche de lui, pour qu'il ne force pas trop pour parler.

"Je vois que tu as réussi à battre le dragon, vu que tu es de retour.... Moi aussi j'ai réussi à vaincre le monstre qui menaçait notre village.... Il... semblerait que ce soit.... une réussite... mon frère !"

Celui-ci m'avait adressé un sourire chaleureux tout en serrant l'un de mes bras, et s'est en ait allé dans mes bras, tel un guerrier sur le champ de bataille. Cette perte fut très dur pour moi, étant donné que j'y ait versé toutes les larmes de mon corps et qu'il m'a fallu, un mois entier pour retrouver la raison.

Depuis nous sommes surnommé Les deux gardiens, tout comme le nom de cette légende et une statue nous représentant tous les deux, est présente au milieu de la place de Rochenoire. Avant de vous quitter, je tiens à vous souligner mes cher enfants que l'un de mes arrières petit enfant est une figure importante dans la ville de Risua et s'appuie énormément sur cette légende, pour tous ses actes héroïque. Ce n'est qu'autre que la personne qui s'occupe des nouvelles recrues chez les miliciens, connu sous le nom de Hector Lidenn...

Maintenant, c'est à son tours d'écrire une nouvelle légende...


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Van Agnir

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MessageSujet: Re: Event du 21 au 24 février 2016 : L'Haï-vey   Mer 24 Fév - 23:46

- Et puis d’abord les prêtres de Haï y sont les plus intelligents, ils ont plein de livres, et de parchemins.

- Ouais, même que mon père il leur vend de l’encre de sèche au temple !

- Je m’demande qui c’est qu’à le plus de livres … c’est surement le grand prêtre !

Les trois enfants, occupés à débattre entre eux de ce qui faisait un bon prêtre de Haï, semblaient un peu oubliés par le reste de l’assemblée. Les adultes, profitant de la pause que le conteur faisait, s’étaient rapprochés de la table de victuailles pour venir prendre un verre de vin chaud, tout en parlant de sujets d’adultes relativement barbants. Seul le vieux conteur, un bouc arquebouté par l’âge, s’était aperçu des propos des jeunes gens, et se rapprochait lentement, appuyé sur sa noueuse canne de hêtre.

- Mais, les enfants, ce n’est pas aux livres que l’on mesure le savoir. N’avez-vous jamais entendu parler de Saint Valel ? Au peut-être devrais je dire le marin Valel …

Les enfants se retournèrent d’un bloc vers le vieillard, interrompant aussitôt leurs palabres. Deux d’entre eux, se dandinaient un peu timides, faisant un « non » de la tête, intrigués par ce que pouvait bien raconter le vieux conteur. Ce dernier s’assit, sur un banc, avec lenteur, soufrant manifestement de douloureux rhumatismes. Il toussota quelque peu, puis commença son histoire, l’illustrant de gestes de la main qui ne tenait pas sa canne.

- Et bien voila, c’était il y a bien longtemps. Dans les faubourgs de Risua, vivait un furry qui s’appelait Valel. C’était un marin : quelqu’un de simple, sans instructions. Il ne savait ni lire ni écrire, mais se contentait de sa petite vie bien simple : tous les matins, il allait bien tôt sur la côte, à pied, et là, allait pécher non loin, avec son filet. Et le soir il rentrait, vendant quelques uns de ses poissons, et faisant des autres son dîner. Les gens du coin le reconnaissaient facilement : il avait sur la tête son chapeau de pécheur, marron et un peu décousu, sa salopette, et ses mitaines.
Et puis voila qu’un jour, il ramène dans son filet, un gros coquillage. Plus gros que tous ceux qu’il avait jamais vus ! Il l’inspecte, et en caressant le bord, le coquillage s’ouvre tout seul ! Et dedans, une superbe perle nacrée, plus grosse que le poing, trône magnifiquement. Il avance les mains pour la prendre, et la voila qui se met à luire, et à vibrer, laissant échapper une douce mélopée … à n’en pas douter, elle était enchantée !


Le vieux bouc savoura la vision des visages des trois enfants les yeux dans le vide, en train de s’imaginer l’artefact blanc et luminescent. Mais il reprit bien vite.

- Le soir, sur le chemin du retour, deux autres marins le rattrapèrent, sur la route. Il s’agissait des frères Mattus et Mattan, deux jumeaux, qui se ressemblaient comme deux goutes d’eau. Et en voyant le trésor que Valel avait dans les mains, ils l’apostrophèrent de suite : « Eh, mais Valel, voila une bonne pèche que tu a là ! En la revendant, tu pourrais te faire de beaux sacs d’or, et vivre dans les beaux quartiers ! ». Mais le pécheur fit non de la tête : « Hummm, son chant me rappelle tellement ma défunte mère. Je vais la garder, elle n’aurait pas la valeur pour les autres que celle que je lui donne. » Les deux jumeaux laissèrent le pécheur les devancer, et commencèrent à comploter entre eux.
Voyez-vous, mes jeunes amis, Mattus et Mattan étaient jeunes, et ambitieux. Ils trouvaient bien dommage de voir un si bel objet ne profiter qu’a Valel, alors que si eux l’avaient, ils sauraient bien le revendre, en gagner plein de sacs d’or, et vivre dans les beaux quartiers. Alors la nuit, alors que Loïka avait recouvert Cerith de ses ailes d’ombre, Mattan s’approcha de la cabane de Valel. Il attendit qu’il aille faire un tour, et s’introduit chez lui. Il fouilla le coffre, mais n’y trouva pas la perle. Il ouvrit l’armoire, mais n’y trouva pas la perle. Il regarda sous l’oreiller, mais n’y trouva pas la perle. Enervé, il trépignait, ne trouvant plus d’autres cachettes où Valel aurait pu enfermer son trésor. Tant et si bien que le propriétaire des lieux revint de sa promenade, et prit le voleur sur le fait.


- Mais … mais où elle était la perle ?

- J’suis sur qu’il l’avait caché dans un trou !

Le conteur se mit à rire gaiment, quoiqu’un peu enroué, face à l’engouement que son histoire suscitait.

- Mais non mes enfants. Et quand Mattan posa la même question que vous à Valel, ce dernier lui expliqua : « Elle n’est pas cachée, elle est là, sur la table. » En effet ! La perle était en évidence, sur la table, posée avec le filet, auquel les flotteurs, blancs et ronds, ressemblaient fortement. « Tu vois Mattan, c’est en mettant les choses en évidence qu’on les voit le moins. Maintenant sort de chez moi, tu devrais avoir honte de ce que tu as fait. » Et le voleur ressortit, pataud.
Toutefois, lui et son frère avaient toujours des vues sur la perle enchantée ! Mattus reprocha à son frère de ne s’être pas préparé, et d’avoir agis trop rapidement. Il comptait bien lui montrer comment s’y prendre, pour réussir une extorsion.


Le vieux conteur s’arrêta quelques instants, afin de reprendre une petite lampée d’hydromel dans la corne qu’on venait de lui apporter. C’est qu’il fallait garder la gorge claire s’il voulait tenir toute la soirée.

- Mattus voulait donc extorquer la perle. Il s’était rendu compte que Valel, qui ne se séparait plus de sa perle, allait, toutes les semaines, à la chapelle de Haï, pour s’y recueillir, avant le levé du soleil, à l’heure où elle n’était généralement pas fréquentée. Il mit alors en place tout un stratagème, pour le duper : à grand renfort de bougies, de verres de couleur, et d’une corne de monoblos. Quand Valel entra, il alla s’asseoir sagement, non loin de l’autel de Haï. Mattus alluma les bougies, de l’autre coté du vitrail, à l’extérieur, donnant un aspect de plus en plus fantasmagorique au peu de lumière qui entrait dans la chapelle. Les images représentées sur les vitraux semblaient danser, tandis que le plafond se retrouvait illuminé de taches de lumière bleue tremblotante, comme le fait le soleil quand on le voit de sous l’eau. Puis il prit la grosse corne, creuse, et parla dedans, d’une intonation lente et impérieuse. La corne aggravait sa voix, et l’écho de la chapelle achevait de la rendre autant mystérieuse qu’incorporelle … « Valel ! C’est Haï qui te parle. Donne moi la perle enchantée que tu a trouvé ! »

Pour se rendre plus impressionnant, le vieux conteur avait écarté les bras, ouvrant grand sa cape, et la tête baissée. Les enfants, ravis, gloussaient de plaisir devant le spectacle de la fameuse voix de Mattus parfaitement imitée.

- Et là Valel questionna, pas du tout impressionné : « Pourquoi, mon Dieu ? ». Alors, Mattus, repris de plus belle : « C’est ma perle, je t’ordonne de me la rendre ! ». Mais valele ne se démonta pas, et continua de répondre, très posément : « Si c’est un cadeau de Haï pourquoi voudrait-il me le reprendre ? Et s’il me l’a envoyé par la mer, pourquoi ne pas la reprendre de la même manière ? ». Mattus ne savait pas quoi répondre, mais avait tout prévu : il mit les bout de verre colorés en rouge devant les bougies, modifiant la lumière qu’il diffusait à travers les vitraux bleus, le résultat, d’un violet sombre, emplissant la chapelle d’une vision infernale, qui aurait fait fuir à toute jambe n’importe qui. Et il répondit en haussant la voix : « Que t’importe ceci, rend moi la perle ! ». Mais Valel n’était pas plus impressionné. Il se contenta de lui rétorquer : « Les dieux ne s’encombrent pas d’artifices. Si Haï voulait ma perle, il l’aurait reprise lui-même. Car je ne suis rien face à lui. » Et il tourna les talons, ressortant calmement de la chapelle. Mattus rentra bredouille chez son frère, qui se moqua de son excès de mise en scène, pour un si maigre résultat.

- Il est fort Valel !

Le bouc reprit un coup d’hydromel.

- Mais vous savez, les frère Mattan et Mattus n’en avaient pas finit … Ils finirent par se dire qu’en combinant leurs efforts, ils arriveraient enfin à avoir cette fichue perle chantante. Et ils concoctèrent un plan diabolique : chacun, déguisés en prêtres de Haï, harangueraient toute une foule aux portes de Risua, en leur annonçant que le nouveau grand prètre avait trouvé un don de leur dieu Haï, et allait venir leur donner. Si eux ne pouvaient forcer Valel à leur céder, la foule s’en chargerait, se disaient-ils.
Et effectivement, le pécheur ne tarda pas à venir, rentant de sa pèche quotidienne, son chapeau marron et décousu sur la tête, et sa perle dans son sac. Et la foule, sans qu’il ne comprenne pourquoi, commença à l’acclamer, réclamant de voir la perle. Devant tout cet attroupement euphorique, Valel s’exécuta, sortant la perle, et la brandissant. Et tous furent tellement transporté de voir la perle enchanté de leur dieu, qu’ils portèrent Valel en triomphe, sans que celui-ci ne puisse les en empêcher. « Vive le nouveau grand prêtre ! », hurlaient ils. A tel point que dans la précipitation, Mattan et Mattus furent totalement oubliés, bousculés et écartés, sans qu’ils ne puissent avoir d’espoir de revoir leur si convoité butin.


- C’est bien fait pour eux !

- Ouais, il était tout pourris de toute façon, leur plan …

Le vieux conteur ricana, ravis. Il leva le doigt, attirant l’attention des enfants sur le fait que ce n’était pas finit pour autant.

- Mais me direz vous, Que se passa-t-il ensuite ? Et bien, quand la foule, déchainée, arriva devant le temple, en criant partout que le nouveau prêtre avait été choisit Haï en personne, les prêtres, de peur, n’osèrent pas les contredire. Ils accueillirent Valel, et lui proposèrent, au calme, de leur raconter tout ce qui c’était passé. La découverte de la perle. La tentative de Vol de Mattan, le stratagème de Mattus, et enfin la foule … Et ils réalisèrent que même si Valel n’était pas savant par les livres, il était bien assez sage pour mériter sa place de grand prêtre. Et c’est ainsi que le pécheur siégea à la tête de l’Eglise, durant plusieurs années, toujours affublé de son chapeau de pécheur marron et un peu décousu …

Le conteur sourit aux enfants, avant de finir sa corne d’hydromel, et de se relever péniblement, l'un d'eux l'aidant à se soutenir sur sa canne.

- Allez, les enfants, profitez en encore un peu, la veillée est loin d'être terminée.

- Ouais! On joue ? Bah c’est moi qui fais Valel, et toi, ça sera Mattan, et toi, Mattus.

- Et pourquoi ça serait moi qui ferais cet idiot de Mattan ?

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MessageSujet: Re: Event du 21 au 24 février 2016 : L'Haï-vey   Jeu 25 Fév - 18:24

Event du 21 au 24 février 2016


Merci pour les contes et légendes des participants !

Le concours est clos depuis cette nuit. Les admins planchent pour définir qui est le gagnant !

Les résultats seront dévoilés sous peu.

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MessageSujet: Re: Event du 21 au 24 février 2016 : L'Haï-vey   Mar 1 Mar - 12:25

Event du 21 au 24 février 2016


Il a fallut du temps pour arriver à départager tout ça ! D'autant que les productions étaient très bonnes et aussi très différentes !

Et le gagnant est ... KAD !

Et oui, le coté glauque et l'horreur montante de sa légende auront eu raison du jury ! Félicitation au chaton, qui se voit décerner son badge de l'Hay-veï 2016, et qui reçoit 30 Cerithis !



Félicitation à tous les participants !

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MessageSujet: Re: Event du 21 au 24 février 2016 : L'Haï-vey   

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Event du 21 au 24 février 2016 : L'Haï-vey
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